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Ford Blanquefort : sentiment d'amertume et hâte d'en finir, à la sortie de l'usine

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Après l'officialisation à Bercy lundi du rejet par Ford, de l'unique offre de reprise de l'usine, environ 200 salariés ont participé à une assemblée générale, devant les grilles d'accès du site ce mardi midi. Entre colère et résignation. Pour beaucoup, le feuilleton a déjà trop traîné.

Philippe Poutou délégué CGT pour l'AG devant les portillons d'accès de l'usine Ford Blanquefort
Philippe Poutou délégué CGT pour l'AG devant les portillons d'accès de l'usine Ford Blanquefort © Radio France - Stéphanie Brossard

Il est un peu plus de 13 heures, au moment où les équipes du matin et les équipes de l'après-midi, se croisent. Sur les visages : de la colère, de la tristesse et de la résignation surtout. Et pour ceux qui acceptent de répondre aux journalistes, le sentiment d'un gâchis, que Ford s'est moqué du monde depuis des années, et l'envie surtout, d'en finir avec ce feuilleton qui n'a que trop duré (depuis que Ford a annoncé son désengagement en février 2018).

"On s'est moqué de nous"

Cela fait des années que Eric, 51 ans dont 29 passés chez Ford, a le sentiment d'être roulé dans la farine. "On s'est moqué de nous. Quand il fallait travailler le dimanche ou les jours fériés, on est venu. Et là, la reconnaissance, c'est rien !" Il faut que cette chronique d'une mort en finisse maintenant, ajoute Georges, 51 ans dont 31 ans à Blanquefort. "Franchement, j'en ai marre de venir travailler. Enfin travailler... On vient ici parce qu'il faut venir mais il n'y a pas de production en réalité, et ça fait des mois que ça dure." 

Georges ne croît pas aux promesses de l'État de travailler à réindustrialiser le site. "Ça, c'est juste pour la bonne image de monsieur Bruno Le Maire le ministre. Mais on nous balade. Ford comme l'État. Tout ça, est très politique." Peu importe maintenant, répète Eric qui voudrait passer à autre chose et qui a déjà raté une possibilité de formation "en aéronautique, le 25 février. Mais comme le PSE n'est pas signé, j'étais coincé"

L'amertume est le sentiment qui domine sur le site de Ford Blanquefort
L'amertume est le sentiment qui domine sur le site de Ford Blanquefort © Radio France - Stéphanie Brossard

"On va partir avec des cacahuètes"

En attendant la validation du plan social par la Direction du Travail, au plus tard lundi 4 mars, faut-il exprimer sa colère, mettre un coup de pression et bloquer l'usine pour tenter d'améliorer le PSE ? Il en a été question à l'assemblée générale des salariés ce mardi. "On travaille comme des cons et on va partir avec trois cacahuètes. Forcément il y a malaise !" Une salariée interpelle Philippe Poutou, le délégué CGT qui lui rétorque. "Peut-être que si on bloque l'usine, on peut créer quelque chose, une mobilisation, un conflit social ; quelque chose qu'on n'a pas été capable de faire jusqu'ici. On vous pose la question ?" Un syndicaliste FO s'interpose. "Ce n'est pas quand la messe est dite, qu'on doit commencer à se mettre au latin!" Débat animé mais clos. C'est non. Pas d'action. La fatigue et la résignation a gagné les rangs. "On va donc galérer chacun dans notre coin, une fois qu'on aura reçu nos lettres de licenciement", conclut Philippe Poutou.

400 des 850 salariés devraient pouvoir faire valoir leurs droits à la pré-retraite, et être convoqués dès la semaine prochaine par la Direction des Ressources Humaines. Pour les autres, le processus de reclassement sera lancé, une fois le PSE officiellement validé. 

Concert de résistance et groupe de travail pour empêcher que Ford parte avec les machines

La suite ? C'est aussi un concert de soutien, de "résistance", samedi 2 mars dans la salle du grand parc de Bordeaux, avec Cali et Les Hurlements de Léo. Et tenter "avec les politiques", de trouver une autre activité, "sauver un bout de l'usine, quelques emplois et empêcher Ford de vider l'usine et de partir avec des machines". C'est l'objet du groupe de travail installé à Bercy lors de la dernière réunion lundi, avec les collectivités territoriales.

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