Économie – Social

Forte mobilisation pour la grève des anesthésistes à Rouen

Par Kathleen Comte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) lundi 26 septembre 2016 à 19:10

Les anesthésistes-réanimateurs en grève partout en France.
Les anesthésistes-réanimateurs en grève partout en France. © Maxppp - Norbert FALCO

Les anesthésistes-réanimateurs étaient en grève ce lundi partout en France. Ils réclament une revalorisation des carrières à l'hôpital et une meilleure appréciation de leur temps de travail. Au CHU de Rouen et au centre hospitalier du Belvédère à Mont-St-Aignan, le mouvement est suivi.

Près de 80% des anesthésistes-réanimateurs étaient en grève ce lundi en France. En cause : une revalorisation des carrières à l'hôpital mais aussi une meilleure appréciation de leur temps de travail. Au CHU de Rouen, près d'un anesthésiste-réanimateur sur deux manquait à l'appel. Au centre hospitalier du Belvédère, à Mont-Saint-Aignan, ils étaient trois quarts à ne pas être venus travailler.

Malgré les opérations non-urgentes qui ont été décalées, le reste du service a été assuré par ceux - comme Nathalie Rey - qui étaient présents. En grève, cette anesthésiste au service de chirurgie cardiaque du CHU de Rouen estime qu'il est possible de faire passer son message tout en étant à l'hôpital : "Je ne me voyais pas stopper la permanence des soins. Des patients sont en réanimation actuellement et il faut qu'on puisse continuer à s'en occuper."

Avec 60 heures de travail par semaine au lieu de 48, une grille de salaire qui n'a pas bougé depuis 15 ans et une ambiance qui se dégrade, de plus en plus de jeunes délaissent le secteur public au profit du privé. D'après Samuel Leroy, anesthésiste-réanimateur au centre hospitalier du Belvédère, le secteur libéral est bien plus attractif : "Le temps de travail est plus faible, en tout cas il y a moins de gardes et d'astreintes pour un salaire qui va parfois du double au triple." Il poursuit : "Il a été démontré que ceux qui participent à la permanence comme les anesthésistes-réanimateurs mais aussi les urgentistes, ont une durée de vie diminuée de 10 ans par rapport aux autres spécialités."

Au CHU de Rouen, dans le secteur des anesthésistes-réanimateurs, 30% des postes sont vacants; 20% au centre hospitalier du Belvédère.