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Fougères : les étudiants vont aider les commerçants à se former au numérique

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Par , France Bleu Armorique

Une opération de solidarité vient de naître à Fougères (Ille-et-Vilaine). Pour aider les commerçants à développer leur présence sur le numérique, des étudiants du lycée Jean-Baptiste Le Taillandier vont leur prodiguer des conseils. Un moyen de remplacer leur stage annulé pour cause de Covid-19.

Laetitia Lecureur, gérante de la boutique "By Lili" avec ses deux stagiaires Clara et Alexis.
Laetitia Lecureur, gérante de la boutique "By Lili" avec ses deux stagiaires Clara et Alexis. © Radio France - Benjamin Fontaine

La mise en place du confinement au début du mois de novembre a contraint de nombreux petits commerçants à fermer leur boutique ou à se rabattre sur la vente à emporter par Internet. Seul souci, certains ne sont pas très à l'aise avec les outils numériques ou n'ont même jamais pris le temps de créer une boutique en ligne.

Des étudiants privés de stage à cause du Covid

A Fougères, une quarantaine d'étudiants en vente et commerce du lycée Jean-Baptiste Le Taillandierse sont retroussés les manches pour leur venir en aide dans l'urgence. L'idée a germé dans l'esprit de de leur professeure d'économie et gestion, Nathalie Chevalier-Duclos. "Au début du mois, j'ai fait le point avec les élèves de première en bac professionnel sur leurs stages. A 15 jours de leur départ en entreprises ils étaient assez démoralisés parce que beaucoup n'avait aucune solution. Avec la crise actuelle, beaucoup d'entreprises ne peuvent pas les recevoir." 

Incapable de rester immobile face à cette situation, l'enseignante prend alors son téléphone et fait marcher son réseau. Deux jours plus tard, elle est invitée par Isabelle Collet, l'adjointe au maire en charge de l'attractivité économique, à participer à une visioconférence avec des commerçants. "J'ai présenté mon projet en disant que j'avais des jeunes prêts à aider, formés à la digitalisation. Ils ont été convaincus et le projet est né," raconte l'enseignante. "Au printemps nous avons réalisé une étude auprès de 300 des 380 commerçants de Fougères et elle a révélé que 80% d'entre eux n'avaient pas de visibilité sur Internet. Le besoin est conséquent. Cette idée tombait au bon moment. C'est une formidable opération de solidarité," se réjouit Isabelle Collet. 

Repérer les besoins des commerçants et évaluer

Depuis 15 jours, le lycée est en ébullition. Les professeurs ont remis leurs cours à plat, des salles sont dédiées à la première étape de ce projet : comprendre et évaluer les besoins des commerçants. Pour cela, les étudiants réalisent de la prospection téléphonique. "Nous avons des fiches avec un texte à lire et une fiche d'évaluation des besoins. Ce n'est pas toujours évident à faire mais on apprend," sourit  Chloé qui vient de faire face à une commerçante qui n'a visiblement pas saisi l'objet de son appel. Les élèves apprennent sur le tas, c'est le jeu.

Dans une semaine, ils seront immergés dans les boutiques de la ville pour mettre en pratique ce qu'ils ont appris. "La plupart du temps, les commerçants cherchent tout simplement à créer un fichier-clients. Ils n'ont pas pris le temps de le faire et c'est déjà une première grosse étape," confie Nathalie Chevalier-Duclos. 

Partager les compétences

"De mon côté, j'ai un site internet, mais il n'est pas à jour. Aujourd'hui je fais beaucoup de photos personnalisées pour les clientes et les clients, ce qui me prend beaucoup de temps. Je suis sur les réseaux toute la journée," raconte Laetitia Lecureur, gérante de la boutique de bijoux et d'accessoires "By Lili" dans le centre-ville de Fougères. "Nous n'avons pas les armes pour nous battre face à Amazon ou d'autres alors cette initiative est la bienvenue. C'est formidable."

La commerçante est déjà présente sur Facebook et Instagram, mais d'autres n'utilisent pas ces outils qui permettent pourtant d'ouvrir leur boutique sur le monde. "Nous sommes nés avec ces réseaux alors c'est vrai que c'est plus facile pour nous. On va pouvoir leur expliquer comment cela fonctionne," dit Alexis, en formation dans la boutique de bijoux. "Pour Twitter par exemple, nous avons appris à utiliser les bons mots, à écrire des messages comme les professionnels. On s'inspire de grandes marques," ajoute sa camarade Clara.

Un échange entre générations, une opération gagnant-gagnant qui va durer cinq semaines et permettre à tous les participations d'acquérir de nouvelles compétences. Dans les prochains mois, la ville de Fougères envisage, elle, d'ouvrir une place de marché sur Internet regroupant un maximum de commerçants de la ville.

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