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Économie – Social

Frais bancaires : une enquête dénonce le matraquage des banques contre les plus fragiles

jeudi 26 octobre 2017 à 5:01 - Mis à jour le jeudi 26 octobre 2017 à 11:11 Par Mélodie Pépin, France Bleu

Agios, frais de dépassements : les frais bancaires pour incidents de paiements s'accumulent et enfoncent les clients les plus fragiles, selon une enquête publiée jeudi 26 octobre par 60 Millions de consommateurs, qui dénonce un matraquage.

Les frais pour incidents de paiements sont très nombreux.
Les frais pour incidents de paiements sont très nombreux. © AFP - BERNARD JAUBERT / ONLY FRANCE

Qui n’a jamais connu un petit (ou gros) découvert sur son compte ? Et quand le plafond est dépassé, les frais punitifs apparaissent et creusent un peu plus le découvert. Ça peut monter très vite, et c’est ce que dénonce l’étude comparative de 60 Millions de consommateurs réalisée en partenariat avec l’Unaf, l’union nationale des associations familiales.

Jusqu'à 663 euros de frais par an

Près de 600 témoignages ont été récoltés, les frais bancaires annuels de chacun recensés, et voici le constat : en moyenne, la banque prélève par an, 296 euros de frais, pour les clients en difficulté, et dix fois moins (34 euros) pour un client lambda.

Les frais d’incidents de paiements font aussi le grand écart d’une banque à l’autre. Mieux vaut être client à La Poste, la banque la plus clémente (entre 10 et 160 euros de frais par an) qu’à la BNP Paribas, qui ponctionne 663 euros en moyenne pour un client qui connait des difficultés.

Une accumulation de frais parfois absurdes

Selon cette étude, les plus fragiles ne sont pas forcément les plus pauvres, bien souvent des travailleurs qui ne parviennent pas à faire face aux dépenses. Donc, quand il arrive un imprévu, on passe très vite dans le rouge, et c’est l’avalanche de frais : commission d‘intervention (8 euros), chèque sans provision 30 euros, qui peut s’accompagner d’une lettre d'information préalable pour chèque sans provision (13 euros). La liste est longue : rejet de paiement, agios, dépassement de découverts, avis à tiers détenteur… Et chaque banque innove aussi. Ici, les « frais d'apurement » (31 euros) ; là, les « frais de gestion de contentieux » (66 euros) ; et même des « frais d'ouverture de dossier de surveillance du compte suite à un incident de paiement par carte" (25 euros).

Les banques récupèrent 5 milliards d'euros

Que répondent les banques ? Elles disent considérer les situations « avec attention », et procéder à des remboursements de frais. Ce n'est pas faux, mais le reversement s'applique pour un gros tiers des clients dits fragiles, et pour des petits montants seulement, explique l’enquête. Ce qu'elles ne disent pas, c'est combien ça leur rapporte : 5 milliards d'euros de bénéfices net par an d’après une estimation.

Reste que cette avalanche de frais punitifs est mal vécue par tous, jugée responsable des incivilités qui se multiplient en agence selon les banquiers interrogés. Quant aux familles en difficultés, elles souffrent et peuvent finir par être surendettées. C’est pourquoi, l’Unaf espère, avec cette enquête, sensibiliser les pouvoirs publics. L’association demande un encadrement du système des frais bancaires.

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