Économie – Social

Fram en redressement judiciaire : pour des salariés "c'est affreux, la bête est à moitié morte"

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Toulouse vendredi 30 octobre 2015 à 19:10

Vingt salariés environ se sont déplacés au tribunal de commerce
Vingt salariés environ se sont déplacés au tribunal de commerce © Radio France - Jean Saint-Marc

Ce vendredi, le tribunal de commerce de Toulouse a officiellement placé le voyagiste Fram en redressement judiciaire. La prochaine audience aura lieu le 18 novembre pour examiner les offres de reprise. Mais pour les représentants du personnel, il n'y a qu'une seule offre crédible: celle de Karavel

Après son dépôt de bilan jeudi, le voyagiste toulousain Fram a été placé ce vendredi en redressement judiciaire par le tribunal de Toulouse. Le pire est évité : Fram n'est pas placé en liquidation judiciaire (c'est-à-dire une faillite pure et simple). Les dossiers des repreneurs seront examinés le 18 novembre prochain. 

Le problème selon les syndicats, c'est que le seul dossier crédible à ce stade, c'est celui du groupe Karavel Promovacances, spécialiste de la vente de séjours sur Internet. Il prévoit de supprimer près d'un quart des effectifs

Karavel il vient, il fait son marché 

— les syndicats de Fram

>>> ECOUTEZ | Laye Simakha très en colère et très méfiant vis-à-vis de Karavel-Promovacances

"Moi si je suis dans un plan social je m'en fous que l'entreprise soit pérenne!"

Et ce qui agace Laye Simakha c'est que les événements des dernières semaines ont rendu inévitable cette option Karavel. Il s'énerve notamment contre l'offre des chinois du groupe HNA, une offre finalement retirée : "cette offre c'était de l’esbroufe ! Une imposture ! Elle n'a jamais existé. C'est l'histoire d'un apporteur d'affaire qui a monté une offre comme ça." 

Occupés à leur querelle, les actionnaires ne se sont pas souciés des investissements

L'énervement c'est le sentiment général des salariés présents à l'audience. Ils sont très agacés notamment contre leurs actionnaires, la famille Chaubet-Colson : _"occupés à leur querelle ils ne se sont pas souciés des investissements... On a raté le tournant informatique, on a mis tous nos œufs dans le même panier dans le monde arabe... Et quand les printemps arabes _sont arrivés nous n'avons pas investi dans les destinations qui avaient le vent en poupe" dénonce Michèle, salariée Fram depuis 37 ans. 

Une autre employée s'inquiète : "Karavel on sait que ce ne sont pas des tendres. C'est du low cost, ils ont des méthodes à l'américaine ! Elles ne sont peut-être pas applicables dans une maison comme la notre." Beaucoup craignent aussi que les suppressions de postes soient plus nombreuses que prévues. 

Ecoutez la réaction de Marie-Christine, 32 ans chez Fram. Elle est très attristée : "c'est affreux ! La bête est à moitié morte"

"Dans six mois, faudra voir si on en est toujours à 77% de salariés conservés"