Économie – Social

VIDÉO | François Hollande ouvre sa 4e conférence sociale, boycottée par la CGT

Par Marina Cabiten, France Bleu lundi 19 octobre 2015 à 4:00

L'ouverture de la 4e conférence sociale
L'ouverture de la 4e conférence sociale © Maxppp

La quatrième conférence sociale de François Hollande se déroule ce lundi à Paris. Ministres, patronat et syndicats s'y retrouvent pour aborder trois grands thèmes, dans un climat tendu et en l'absence du premier syndicat de France, la CGT.

Il l'a créée dès son arrivée au pouvoir pour afficher sa volonté de faire dialoguer syndicats et patronat : la conférence sociale de François Hollande, quatrième édition, s'ouvre ce lundi matin au Palais d'Iena à Paris. Une journée de tables rondes, et une chaise vide très remarquée : celle de la CGT. 

Trois thèmes 

C'est le président de la République qui lancera la conférence avec un discours vers 11h30, et son Premier ministre Manuel Valls la refermera de la même manière vers 17h30. Il en profitera pour présenter une "feuille de route" sociale pour la fin du quinquennat. Entre ces deux allocutions, trois thèmes de discussion entre ministres, patronat et syndicats ont été choisis : 

Le compte personnel d'activité (CPA) : la première table ronde sera consacrée à ce que François Hollande considère comme sa grande réforme sociale, le compte personnel d'activité. À partir du 1er janvier 2017, ce compte regroupera des droits aujourd'hui pris en charge de façon dispersée : droits rechargeables à l'assurance chômage, prévention de la pénibilité, droit à la formation, etc. La concertation avec les partenaires sociaux reste à mener pour dessiner les contours de cet outil. Le but est que les salariés ne perdent pas leurs droits en cas de changement de travail ou de période de chômage, mais pour certains patrons il s'agit d'un gadget, voire d'une future usine à gaz. 

La COP21 : la grande conférence des Nations unies sur le climat aura lieu en décembre à Paris. Quels enjeux pour l'emploi, la croissance verte et la formation ? Ce sera le thème de la deuxième table ronde, présidée par la ministre de l'Écologie et de l'Énergie Ségolène Royal. 

Le numérique : alors que les plans sociaux s'enchaînent dans les usines françaises, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron souhaite mettre en avant la "nouvelle France industrielle et la transformation numérique". 

DIRECT | Suivez le discours d'ouverture par François Hollande

Un contexte tendu

Une conférence sociale sans le premier syndicat de France, c'est un revers de taille pour le gouvernement. La CGT a en effet annoncé mercredi qu'elle ne viendrait pas. Première raison invoquée : le conflit à Air France, avec l'arrestation controversée de salariés, militants de la CGT, qui passeront en jugement en décembre suite aux violences au cours du dernier comité central d'entreprise. Une intersyndicale demande la levée des plaintes contre eux. 

La CGT dénonce aussi le contenu de cette conférence, elle dit ne pas avoir été entendue sur certaines questions à mettre au menu, notamment celle des salaires. Le syndicat regrette enfin la forme de ce rendez-vous, sous forme de "grand-messe". D'autres organisations comme la FSU et la CFDT ont accepté de venir mais en soulignant "la dégradation du dialogue social" en France. 

Un bilan discutable

Cette journée de discours et discussions peut-elle œuvrer en faveur de ce dialogue ? Depuis sa création par François Hollande, la conférence a connu plus de bas que de hauts. La première, en 2012, a été saluée par tous les partenaires sociaux et a marqué l'ouverture de nombreux chantiers du quinquennat : contrat de génération, emplois d'avenir, ou encore la mission sur la compétitivité des entreprises qui a depuis donné naissance au Pacte de responsabilité. 

Mais dès 2013, le tableau se noircit. En abordant les retraites et l'allongement de la durée de cotisation lors de cette journée, François Hollande déclenche la colère syndicale. Les patrons ne sont pas satisfaits non plus, ils n'ont pas obtenu le report de l'âge légal de départ à la retraite. En 2014, politique de la chaise vide : la CGT, FO, FSU et Solidaires boycottent en réponse au report partiel du compte pénibilité annoncé une semaine avant par Manuel Valls. Le gouvernement décide alors d'abandonner ce format, et de remplacer cette journée par des conférences à thèmes, plus modestes. Il y en aura eu deux cette année, avant le retour de la conférence sociale dans sa version originelle.