Économie – Social

Fusion Alstom-Siemens : "ce n'est pas très rassurant", selon Gabriel Artero de la CFE-CGE Métallurgie

Par Lucas Valdenaire, France Bleu Belfort-Montbéliard jeudi 12 octobre 2017 à 10:33

Le président de la CFE-CGC Métallurgie Gabriel Artero est en visite dans le nord Franche-Comté ce jeudi
Le président de la CFE-CGC Métallurgie Gabriel Artero est en visite dans le nord Franche-Comté ce jeudi © Maxppp - Lionel Vadam

Gabriel Artero était l'invité de France Bleu ce jeudi matin. Le président de la CFE-CGC Métallurgie est en visite dans le nord Franche-Comté, notamment sur les sites de PSA à Sochaux et d'Alstom à Belfort. Il s'inquiète des conséquences de la fusion avec Siemens sur l'emploi et l'activité.

D'après Gabriel Artero, invité de ce jeudi matin sur France Bleu Belfort Montbéliart : la fusion entre Alstom et Siemens est "une bonne nouvelle parce que nous souhaitons aller vers des sociétés européennes suffisamment robustes, capables de tenir face aux Chinois et aux Américains, explique le président de la CFE-CGC Métallurgie. Mais c'est inquiétant, quand même, parce qu'il y a de vrais sujets industriels autour de l'avenir de Belfort et d'Ornans."

"Il y a de vraies interrogations sur le devenir des deux sites."

Selon lui, le rapprochement Alstom-Siemens "crée des redondances d'activités qui sont en concurrence. Il faudra donc affronter ce sujet."

"Des emplois du territoire sont en jeu"

Ce mercredi, le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge était auditionné par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. Il confirme : la fusion avec Siemens n'assure pas de protection "face aux fluctuations du marché". Le patron a ainsi refusé de s'engager sur l'emploi après quatre ans. Il assure également qu'au-delà de la suppression de doublons dans les fonctions administratives, "la plupart de ces économies se feront sur la partie chaîne d'approvisionnement et sur les achats".

"Ce n'est pas très rassurant effectivement," confie Gabriel Artero sur France Bleu Belfort Montbéliard.

"Quand on fusionne des activités comme celles-ci, on parle de synergies. Ce sont des postes et des emplois du territoire qui sont en jeu. Nous le suivons de près."

"Les investissements de l'Etat ne suffiront pas"

De son côté, l'Etat a dépensé 700 millions d'euros dans l'achat de 15 rames de TGV pour la ligne Paris-Bordeaux. Est-ce que ces investissements suffiront pour sauver le site Alstom de Belfort ? "Non, à long terme, cela ne suffira pas, répond le patron de la CFE-CGC Métallurgie. Bien sûr, c'est important pour faire le lien avec le TGV du futur. Mais il y a un manque du soutien aux locomotives du fret."

"Il y a de vraies inquiétudes à la fois sur Belfort et sur Ornans pour les moteurs. Nous ne sommes pas très rassurés, notamment sur la possibilité d'un partenariat avec les Chinois pour développer cette activité hors de France."

Pour retrouver l'interview complète de Gabriel Artero, président de la CFE-CGC Métallurgie en visite ce jeudi dans le nord Franche-Comté, c'est ici.