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Future prison de Muret : l'impatience des surveillants, l'inquiétude des riverains

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Par , France Bleu Occitanie

Cette nouvelle prison en Haute-Garonne est vivement attendue par les agents pénitentiaires, pour désengorger les autres sites d'Occitanie. Les riverains, eux, vont voir disparaître un océan de verdure. Quant à la mairie, elle a porté un avis défavorable, faute de réflexion globale avec l'État.

La future prison devrait s'installer sur 17 hectares, à l'ouest de Muret.
La future prison devrait s'installer sur 17 hectares, à l'ouest de Muret. © Radio France - Mathieu Ferri

L'enquête publique est lancée depuis le lundi 25 janvier, et durera jusqu'au 1er mars, pour la future prison à Muret, au sud de Toulouse. Il s'agit du seul projet pour la partie Midi-Pyrénées de la région, qui devrait accueillir 600 détenus en 2024. Dans le reste de l'Occitanie, d'autres centres pénitentiaires devraient sortir de terre à Perpignan et Nîmes, notamment.

Les syndicats de surveillants se réjouissent de cette nouvelle avancée, pour ce centre pénitentiaire promis depuis plusieurs années. Il devrait désengorger les autres sites de la région, tous surpeuplés, notamment Foix, Montauban, Albi et Carcassonne. Mais aussi évidemment les deux prisons voisines : le centre de détention de Muret ouvert en 1966 et la maison d’arrêt mise en service en 2003, à cheval sur la commune de Seysses.

Trop de détenus, des cellules bondées, ce nouveau site peut donc changer la vie des agents, explique Jérôme Combelles, représentant Force Ouvrière à la prison de Seysses : "À Toulouse-Seysses, on est aujourd'hui à 150 matelas au sol. On manque de places en Occitanie, ça va faire un bol d'air".

Jérôme Combelles, FO : "On manque de places sur toute l'Occitanie"

Le choix de Muret n’est pas un hasard, avec ses deux prisons déjà sur le territoire. Mais l’État a choisi un terrain de 17 hectares plus au sud, près de la zone de loisirs des Bonnets, sans continuité avec l’actuelle zone pénitentiaire.

Le vert remplacé par le gris, au désespoir des riverains

Les dernières terres agricoles de Muret vont donc être utilisées, au grand dam des riverains, comme Alain, qui tous les matins voit la verdure depuis sa fenêtre : "Le vert, c'est fini. Le calme, c'est terminé. Ca va être une zone industrio-pénitentiaire, un établissement de 10 mètres de haut, avec des lumières la nuit et du béton !" Lucette, la voisine, est fataliste : "On n'aime pas trop ça, mais si elle doit se faire, elle va se faire, même si on est contre".

Reportage de Mathieu Ferri chez les riverains : "Le vert, c'est fini. Le calme, c'est terminé".

"Le vert, c'est fini. Le calme, c'est terminé."

Un peu plus loin, dans une maison voisine, il y a Michel, qui est d’autant plus amer que sa famille d’agriculteurs avait vendu des terres dans les années 1990 à la mairie de Muret, pour un projet de golf (près de la zone de loisirs des Bonnets) qui n’a pas abouti. Des terres qui se retrouvent désormais sur le site de la future prison. Michel est allé voir les documents de l'enquête publique dès lundi en sous-préfecture, et il se sent aujourd'hui emprisonné : "J'ignorais que ce projet était aussi avancé. Ce n'est pas bien pour Muret. Déjà, il y a deux prisons. Muret va être considérée au niveau national comme une ville de prison".

André Mandement, le maire de Muret : "600 détenus, ce n'est pas rien"

"Muret va être considérée comme une ville de prisons."

C'est aussi l'avis du Muretain Agglo, qui a donné un avis défavorable au projet. Le président André Mandement, également maire de Muret, dénonce une absence de concertation avec l'État sur le bouleversement qui va s'opérer sur sa ville. La préfecture de Haute-Garonne assure pourtant que ce projet s’est fait dans un "dialogue constructif".

La ville est-elle prête à ce bouleversement ?

Le maire aurait aimé une réflexion plus globale : "600 détenus, ce n'est pas rien. Cette zone, je souhaite qu'en y mettant quelque chose d'aussi conséquent on la repositionne sur un projet beaucoup plus large, en tenant compte de l'évolution démographique et urbaine sur l'ouest de Muret. (...). Les gardiens de prison vont arriver leurs familles. Est-ce qu'on a la place pour accueillir leurs enfants dans les écoles ? Aujourd'hui, non. Il faut anticiper. Et tout ça, ce n'est pas calculé".

Mais du côté des Muretains, pas vraiment d’opposition pour l’instant, à part les riverains immédiats. Et puis la préfecture insiste sur les retombées économiques : jusqu’à 400 emplois sur le chantier, dans sa période la plus active. Et 340 à la prison, une fois en service.

Retrouvez l'enquête publique en intégralité. 

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