Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social DOSSIER : Le G7 à Biarritz

G7 à Biarritz : ils vont travailler "dans le rouge"

-
Par , France Bleu Pays Basque

Le G7 à Biarritz implique la mise en place de 2 zones de sécurité du 23 au 26 août prochain. Celle où se tiendra le sommet diplomatique sera ultra-sécurisée. C'est la zone rouge, où la vie ne s'arrêtera pas pour autant. Mais comment feront les commerçants et actifs pour travailler dans ce secteur ?

Pas de touristes ni de surfeurs pendant le G7 sur la Grande Plage de Biarritz. Au coeur de la zone rouge, elle sera interdite aux baigneurs et aux activités nautiques du 23 au 26 août.
Pas de touristes ni de surfeurs pendant le G7 sur la Grande Plage de Biarritz. Au coeur de la zone rouge, elle sera interdite aux baigneurs et aux activités nautiques du 23 au 26 août. © Radio France - Valérie Menut

Biarritz, France

Du 23 au 26 août prochain, ils vont travailler dans le rouge. Dans la zone rouge. Celle qui s'étend du phare à la place Sainte-Eugénie, en passant par la Grande Plage, la place Clémenceau, et la mairie. Une zone qui sera ultra-sécurisée en raison de la présence des chefs d'Etat, des diplomates et des délégations participants à ce 45ème G7. Une zone qui ne sera accessible qu'aux personnes munies d'un badge spécifique, et ne peuvent y prétendre que les résidents (permanents ou temporaires) et les personnes qui travaillent sur ce secteur (on recense là quelque 500 locaux professionnels). Par ailleurs, la circulation y sera proscrite, le stationnement non-autorisé (toutes les places de parking en surface et souterrains seront neutralisées *). Et la Grande Plage sera interdite aux baigneurs et à toute activité nautique.

Dans ces conditions, comment travailler ? 

Philippe, qui vend des articles de plages, fait vite l'équation : "ils ont trouvé une très belle solution : moi en tant que commerçant je peux bénéficier d'un laisser-passer pour venir travailler, mais les touristes n'auront pas de laisser-passer pour venir se promener. Alors à quoi me servira mon laisser-passer s'il n'y a personne ? Je vais donc être obligé de fermer". Même constat pour Nicolas. Lui donne des cours et loue des planches de surf en front de mer, "l'accès sera interdit aux clients, et ça m'étonnerait que les présidents viennent surfer" lâche-t-il en souriant et un peu dépité, "donc ce sera repos forcé".

Une autre problématique se présente à certains restaurateurs. "Dans l'absolu on a le droit d'ouvrir, mais dans la pratique ce ne sera pas possible puisqu'on n'aura pas le droit de mettre de terrasse ni de panneaux dehors", explique Ghislaine. Elle travaille dans une sandwicherie le long du passage Gardères, qui devra rester libre par mesure de sécurité. "Et si on rentre le mobilier à l'intérieur, il n'y a plus de place. Donc, on n'a pas le choix. On fermera". 

Beaucoup d'interrogations

Un peu plus loin, Myriam est propriétaire d'un bar-restaurant qui donne sur la Grande Plage, avec une terrasse de 90 places. "Sans la terrasse justement, et avec tout le mobilier à l'intérieur du restaurant, on ne pourra pas ouvrir. Je fais aussi de la vente à emporter, mais qui viendra l'acheter ? Et si les chefs d'Etat décident de venir se promener en front de mer, on devra baisser le rideau. C'est très compliqué" avoue-t-elle. Pour autant, elle n'a pas encore pris sa décision. Elle s'interroge encore. Sur l'élaboration des contrats de ses saisonniers aussi. Devra-t-elle les faire courir jusqu'à fin août ou les arrêter au 23 ? A ce propos, Charles lui a tranché. Gérant d'un bar à sandwiches, crêpes et autres gaufres sur la Grande Plage, il arrêtera ses contrats saisonniers au jeudi 23 août. En revanche, viendra-t-il tenir sa boutique pendant le G7 ? Il s'interroge toujours sur la pertinence à ouvrir alors que la fréquentation touristique sera inexistante, et il doute que "la clientèle de substitution - journalistes et forces de l'ordre - soit des clients potentiels". 

Autre question en suspend : la logistique. Une fenêtre serait proposée pour effectuer les livraisons dans ce secteur interdit à la circulation, "mais avec tous les contrôles aux points d'accès, ça va être des heures et des heures de queue. Est-ce que ça vaut le coup, avec tous ces impondérables, et avec "quoi" comme clients ?" se demande Charles. 

Circulation perturbée

Les problèmes de circulation sur le secteur impactent aussi l'activité d'Isabelle, à la tête d'une société de services à la personne. "C'est le calvaire ! La circulation même si elle ne se fait pas en centre-ville, elle sera compliquée, ralentie aux alentours", s'inquiète-t-elle. Alors plutôt que prendre le risque d'agendas tronqués par des retards conséquents dus à d'éventuels bouchons, elle préfère envisager de mettre son personnel en congés pendant le sommet. Et perdre 4 journées de facturation. 

Impact sur le chiffre d'affaire et indemnisations ?

Parce qu'il y aura un impact sur le chiffre d'affaire de ces commerçants. Au vu des dernières semaines d'août précédentes, Charles l'estime déjà entre 5 à 10% de son CA annuel. Philippe lui pense perdre environ 1 000 euros par jour de fermeture. Un processus "d'objectivation des préjudices" est prévu par l'Etat. Si un commerçant (de la zone rouge comme de la zone bleue d'ailleurs précise le maire de Biarritz, Michel Veunac) s'estime lésé, il pourra en faire part. Un commissaire aux comptes se saisira de son dossier. Il s'agira de comparer les revenus 2019 à ceux des 3 précédentes années pour estimer s'il y a préjudice à cause du G7, ou pas, et décider d'une éventuelle indemnisation.

Reportage

- - Radio France
- © Radio France - Valérie Menut

Info +

La CPME 64 (Confédération des petites et moyennes entreprises du département) organise ce jeudi 2 mai une réunion d'information sur le G7 à destination des acteurs économiques. L'objectif est de répondre aux chefs d'entreprises qui s'interrogent sur le déroulement de leur activité pendant le sommet diplomatique.

* Du 23 au 26 août inclus, les 4 parkings publics de la zone rouge (Sainte-Eugénie, Bellevue, Casino et Grande Plage) seront vidés de tout véhicule. Les abonnés disposeront d'un parking de substitution, sécurisé, à l'hippodrome des Fleurs, depuis lequel circuleront des navettes pour des aller-retour au check-point de la zone rouge.