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Économie – Social DOSSIER : Le plus de l'info de France Bleu Belfort Montbéliard

Promesses d'emploi non tenues chez GE : les sous-traitants encore plus inquiets

jeudi 14 juin 2018 à 20:15 Par Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard

General Electric ne tiendra pas sa promesse de créer mille emplois en France d'ici la fin de l'année. Cette annonce, faite jeudi, ne va pas améliorer le sort des nombreux sous-traitants de GE présents dans le nord Franche-Comté.

Une turbine à vapeur dans les ateliers de GE à Belfort
Une turbine à vapeur dans les ateliers de GE à Belfort © Maxppp - Jean Becker

Belfort, France

La promesse de créer mille emplois en France d'ici la fin de l'année ne sera pas tenue. GE l'a fait savoir au gouvernement ce jeudi en marge de la visite à Paris de son PDG John Flannery. A ce jour, seulement 323 emplois ont été crées. 

Sujet tabou

Les représentants syndicaux et élus locaux ont vivement réagi à cette annonce. Elle ne va pas améliorer non plus la situation des quelque 240 entreprises sous-traitantes de GE du nord Franche-Comté. Certaines participaient ce jeudi à l'Atria de Belfort au "Rendez-vous des acteurs de l'énergie". Les patrons de PME acceptent d'évoquer le sujet mais ne souhaitent pas s'exprimer au micro. Pas question de "se brouiller" avec GE et de perturber les relations commerciales. Ce qui est sûr, c'est que les ventes sont en chute libre. En un an, certains sous traitants ont perdu près de 50% de leur chiffre d'affaires. Un patron confie être passé de cent commandes GE à zéro sur la même période. Ces entreprises fournissent l'outillage pour la construction des turbines à gaz qui alimentent les centrales de production d'énergie. On en trouve aussi dans les moteurs d'avion.

Des commandes en chute libre

L'explication, c'est que le marché des turbines à gaz s'effondre. Aujourd'hui, on investit davantage dans les énergies renouvelables que dans le thermique. L'éolien, le solaire sont des domaines où GE n'est presque pas présent. A Belfort, le secteur du gaz représente la moitié des effectifs soit près de 2 000 salariés sans compter les centaines d'employés de PME qui en vivent. " Les prévisions sur le marché du gaz sont de plus en plus pessimistes, mois après mois. Il y a un an, la direction de GE tablait sur un marché de 70 gigawatts. Maintenant, les experts parlent d'un marché autour de 35 gigawatts soit un volume d'activité divisé par deux. Il y aura des impacts sur les salariés de GE comme sur le tissu local de Belfort qui travaille pour ce secteur" indique Philippe Petitcollin, délégué CFE-CGC chez GE. Présent ce jeudi à Paris à une réunion du comité groupe France de GE, il avoue ne pas avoir été surpris par l'annonce de GE de ne pas honorer sa promesse de créer mille emplois en France d'ici fin 2018. "On ne peut pas créer d'emploi sans nouvelles activités" a réagi le responsable syndical.

Les limites de la diversification

Pour sortir les sous-traitants de l'ornière, des options se dégagent comme la diversification. La prise de risque fait partie de l'ADN d'un patron, mais les PME n'ont pas forcément les moyens d'investir pour décrocher de nouveaux contrats à l'étranger. Cela prend du temps. Il faut des commerciaux. L'autre option, c'est les aider à passer le cap. " Je pense qu'on peut trouver des aides par le biais de l'Etat. C'est quand même un accord qui avait été passé par GE avec le gouvernement. Je pense à des aides à faire reculer certaines charges mais il faut la complicité de l'Etat qui peut mettre des outils en place. On ne peut pas leur amener du business, ce n'est pas notre rôle. Mais on peut les aider à passer ces étapes pour qu'ils puissent aller chercher du business" explique Alain Seid, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Territoire de Belfort.  

Sophie Elizéon, préfète du Territoire de Belfort, promet d'accompagner les salariés en cas de transfert de compétence vers d'autres branches comme le nucléaire et localement d'engager GE à le faire.