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Économie – Social
Dossier : General Electric dans le Territoire de Belfort

General Electric à Belfort : "Ce n’est pas la solution de faire grève, mais c’est un signal d'alerte"

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu

Les usines General Electric de Belfort et Bourogne sont bloquées depuis le 8 octobre par des salariés en colère contre le plan social de la direction. Pour Bernard Vivier, spécialiste des conflits sociaux, la grève est un moyen d'attirer l'attention.

L'usine General Electric de Belfort bloquée le 9 octobre 2019.
L'usine General Electric de Belfort bloquée le 9 octobre 2019. © Radio France - Mélanie Juvé

Belfort, France

La crise chez General Electric dans le Territoire de Belfort a pris un nouveau tournant : après la colère à l'annonce du plan de suppressions de poste en juin 2019, puis une phase où les syndicats ont préparé leur propre projet, le ton est monté début octobre. Depuis ce mardi, les usines de Belfort et Bourogne sont bloquées par les salariés. 

Invité de France Bleu Belfort Montbéliard, ce jeudi, Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail à Paris, analyse le dossier General Electric.

Pour ce spécialiste des conflits sociaux et du syndicalisme, la grève s'est imposée parce qu'un "dialogue dans la clarté" n'a pas pu être établi entre les différents partenaires : entreprise, syndicats et Etat. "On voit une direction américaine qui a des difficultés internes depuis 2014-2015 et qui ne semble pas donner à ses interlocuteurs une ligne claire de sa stratégie", remarque Bernard Vivier.

Dans une économie mondialisée, la grève n'est pas la façon la plus efficace d'aboutir

Dans ce contexte, la grève met "l’opinion publique en alerte", tout comme le gouvernement. "C'est un élément de pression", mais "ce n’est pas la façon la plus efficace d’aboutir", alerte l'expert "dans une économie mondialisée, avec une multinationale qui fait 300.000 salariés dans le monde..."

En revanche, Bernard Vivier voit deux pistes intéressantes pour avancer vraiment. Il y a, d'une part, la négociation sur le plan social et un éventuel accord de compétitivité, avec le plan alternatif de l'intersyndicale. "Quand, il y a une dizaine d’années, Renault et PSA ont dû réduire la voilure avec des accords de compétitivité, les organisations syndicales ont accepté de réduire des avantages sociaux" et plus tard, "ces deux entreprises ont tenu parole", affirme-t-il. 

Le directeur de l'Institut supérieur du travail évoque d'autre part l'action judiciaire lancée par deux syndicats, qui ont attaqué l'Etat sur le non-respect des accords de 2014. Avec la loi Pacte, une entreprise comme GE pourrait potentiellement être condamnée à hauteur de deux fois le montant de l’acquisition de la branche énergie d'Alstom, pour ne pas avoir tenu ses engagements. "La menace est réelle" souligne-t-il.

Quant au gouvernement, quel rôle peut-il jouer dans le dossier General Electric ? Pour Bernard Vivier, il faut se garder des promesses sur la sauvegarde d'un site industriel : la fermeture de Ford Blanquefort en Gironde est une leçon cuisante. "L'Etat a tendance à se prendre comme un super gestionnaire au lieu de rester dans son rôle", c'est-à-dire, "créer les conditions pour que les chefs d'entreprise puissent bien investir et faire fonctionner leur entreprise."

ECOUTER : Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail à Paris, analyse le dossier General Electric.

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