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Dossier : General Electric dans le Territoire de Belfort

General Electric demande à ses sous-traitants de baisser leurs prix en pleine crise sanitaire

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu

Dans un communiqué, la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) du Territoire de Belfort s'indigne après un courrier envoyé par General Electric aux sous-traitants du nord Franche-Comté. Le groupe américain demande à ses fournisseurs de baisser leurs prix de 20%.

Plus de 3000 salariés travaillent pour General Electric à Belfort et Bourogne, et fait vivre près de 1500 autres via la sous-traitance
Plus de 3000 salariés travaillent pour General Electric à Belfort et Bourogne, et fait vivre près de 1500 autres via la sous-traitance © Maxppp - Jean Becker

"C'est une menace, on ne peut pas le dire autrement" s'énerve Louis Deroin, président de la CPME, Confédération des Petites et Moyennes Entreprises du Territoire de Belfort. Cet assureur révèle le courrier envoyé par la branche turbines à gaz de General Electric à tous ses sous-traitants dans le monde. Dans ce courrier rédigé en anglais et envoyé le 20 avril, la direction du groupe américain explique avoir besoin que ses fournisseurs baissent leurs tarifs de 20%, et d'y répondre avant le 1er mai. 

La CPME du Territoire de Belfort dénonce une "attitude meurtrière" pour la région : GE emploie plus de 3.000 salariés sur ses sites de Belfort et de Bourogne et fait vivre environ 1.500 employés via la sous-traitance. 

Ceux qui acceptent seront des acteurs "stratégiques et coopératifs"

Pour justifier cette demande, le groupe américain assure que, compte tenu du contexte économique lié à la crise du COVID-19, ses clients, dont les investissements sont en baisse, sont à la recherche de produits moins chers. Ces mêmes clients ont demandé à General Electric de baisser ses prix. 

Toujours dans ce courrier, la direction indique être dans l'impossibilité de répondre à cette demande "seule" : l'aide de ses sous-traitants serait ainsi nécessaire pour sortir de ce "climat économique difficile" et rester compétitif. Ainsi, les fournisseurs qui feraient l'effort de réduire leurs prix seraient reconnus comme des sous-traitants "coopératifs et stratégiques" avec des opportunités futures à la clé. 

Une menace déguisée pour le président des petites et moyennes entreprises du Territoire de Belfort

Le message a tout l'air d'une menace estime Louis Deroin, président de la CPME du Territoire de Belfort : "Ne pas accepter cette injonction équivaut à sortir du panel. Soit vous êtes un sous traitant, avec un brevet et une certaine technicité, et vous avez les moyens de vous retourner, et de dire non. Soit votre chiffre d'affaires est étroitement lié à General Electric, et refuser parait _suicidaire_"

Pour le représentant des petites et moyennes entreprises, l'attitude de la direction relève ainsi d'une "attitude économiquement meurtrière pour nos PME", en pleine crise sanitaire. 

Des méthodes "à la Donald Trump"

Louis Deroin dénonce ainsi les méthodes de l'entreprise : "Ce sont des méthodes trumpiennes. On pourrait considérer que cette démarche est un jeu de négociation classique entre donneur d'ordre et fournisseur, mais là, General Electric traite ses fournisseurs comme des bases de données. Dans une relation de donneur d'ordre à fournisseur, on n'envoie pas de courrier pour demander une baisse de tarif, en imposant une réponse sous 10 jours. On s'accompagne l'un l'autre. Pour négocier un prix on se rencontre, on discute".  

Le président de la CPME a par ailleurs alerté le ministère de l'Economie à ce sujet, estimant que la direction de GE "manque de respect à ses fournisseurs. On n'est plus dans l'humain, dans l'empathie. Le sous-traitant n'est qu'un pion sur l'échiquier de la nébuleuse industrielle de General Electric".

Le ministère de l'Economie alerté 

Les réactions sont également politiques. Dans un communiqué, Michel Zumkeller, député du Territoire de Belfort, indique avoir écrit à Bruno Lemaire, le ministre de l'Economie, "afin qu’il intervienne pour empêcher GE Gas Power d’exiger une baisse de prix de 20 % à ses sous-traitants. Aucune de nos PME ne peut supporter de telles conditions. La situation actuelle doit nous amener à changer radicalement de modèle de société. Malheureusement, il semble que _ces géants, qui sont plus des financiers que des industriels_, ne l’aient pas compris". 

Contactée par France Bleu Belfort Montbéliard, la direction indique ne pas souhaiter commenter "les relations qu'elle entretient avec ses fournisseurs".

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