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Économie – Social DOSSIER : General Electric dans le Territoire de Belfort

General Electric à Belfort : la réponse du gouvernement se fait attendre, nouvel ultimatum des syndicats

L'intersyndicale de General Electric (GE) à Belfort annonce ce mercredi lancer un nouvel et dernier ultimatum au ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lui donnant jusqu'au jeudi 29 août pour répondre à ses demandes.

Action syndicale sur le site de General Electric à Belfort en octobre 2018.
Action syndicale sur le site de General Electric à Belfort en octobre 2018. © Radio France - Émilie Pou

Belfort, France

Il y a trois semaines, l'intersyndicale de General Electric à Belfort annonçait avoir "mis en demeure" Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, l'invitant dans un courrier à agir d'ici au 15 août pour contraindre General Electric à faire évoluer le plan de restructuration qui prévoit la suppression d'un millier d'emplois, sur les sites GE de Belfort et Bourogne.

"A ce jour nous n'avons pas de réponse de la part du gouvernement", fait savoir à France Bleu Belfort Montbéliard Nicolas Mercier, délégué CFE CGC chez GE. "Le gouvernement est en congés, la rentrée aura lieu le jeudi 22 août, donc, dans notre démarche constructive et de gens raisonnables, nous repoussons l'ultimatum au jeudi 29 août, soit une semaine après la rentrée gouvernementale", indique-t-il.

Vers une assignation en justice début septembre ?

"Si le jeudi 29 août, nous n'avons pas de retour, quel qu’il soit, de la part du gouvernement, nous attaquerons l'Etat au Tribunal administratif". Cette procédure en assignation viserait à faire reconnaître "le préjudice lié au non respect de l'accord de novembre 2014", avait précisé fin juillet Philippe Petitcolin (CFE-CGC).

Dans cet accord, GE s'engageait auprès de l'Etat français à développer la filière de turbines à gaz de GE Belfort que le groupe américain venait d'acquérir avec la branche énergie d'Alstom. Mais il promettait surtout de générer un millier d'emplois "hautement qualifiés" en France d'ici à la fin 2018. Ces emplois n'ont finalement jamais été créés.  

"Aujourd'hui l'Etat ne réagit pas, c'est incompréhensible et c'est un scandale"

"Le but, c'est de montrer notre détermination", insiste Nicolas Mercier. "Le gouvernement a en main les éléments pertinents et suffisants pour obliger General Electric devant la Justice française à respecter ses obligations contractuelles et légales, là aujourd'hui l'Etat ne réagit pas, c'est incompréhensible et c'est un scandale". 

L'intersyndicale a-t-elle les moyens financiers de soutenir cette assignation ? "Le CSE a un budget de fonctionnement propre, il est évident que si on part sur des durées très longues (en terme de procédure judiciaire), il est possible qu'on consomme ce budget, pour l'instant on en n'est pas encore là, on a un budget de fonctionnement, on est capable de mener ces actions".

Nouvelles actions à la rentrée

L'intersyndicale promet de nouvelles révélations "dans la presse" dès la rentrée. "Ce qui est certain, c'est que GE va devoir faire face à ces multiples manquements", insiste le syndicaliste. De son côté, la CGT, au niveau national, appelle à une journée de mobilisation le 18 septembre à Belfort, pour dénoncer le plan social.

Le vendredi 30 août, en matinée, le collectif "Pour l'avenir du Territoire", en passe de devenir une association, tiendra également une grande réunion de travail à Belfort "pour réfléchir à l'avenir industriel et énergétique" et "mettre en avant les compétences sur le territoire" du Nord Franche-Comté. Ce collectif regroupe différentes structures (intersyndicale GE, collectivités locales, régionales, CGPME, partis politiques, Vallée de l'énergie...).