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Économie – Social
Dossier : General Electric dans le Territoire de Belfort

General Electric à Belfort : plan social de la direction contre plan alternatif des syndicats

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu

L’intersyndicale de General Electric à Belfort a entamé un bras de fer avec la direction du groupe américain sur le contenu du plan social annoncé le 28 mai 2019. GE veut bien supprimer moins de postes mais exige des contreparties, alors que les syndicats ont leurs propres propositions.

L'usine General Electric de Belfort.
L'usine General Electric de Belfort. © AFP - Sébastien Bozon

Belfort, France

Les syndicats de General Electric utilisent tous les moyens pour contrecarrer l’objectif du groupe américain de supprimer 1.044 postes en France, principalement dans le Territoire de Belfort : manifestations, grève et blocage d’usine depuis mardi, plainte contre l’Etat… Après avoir refusé en juin de participer aux discussions du plan social, l’intersyndicale a fait des propositions à GE, qui, de son côté, accepterait de revoir sa copie. Mais les approches sont, pour le moment, inconciliables.

Les propositions des syndicats

Pour justifier son plan social, General Electric explique que le marché mondial des turbines à gaz est en surcapacité et que le groupe américain, endetté, doit réduire ses coûts. Cette analyse est réfutée par l’intersyndicale pour qui le marché justement est en train de rebondir. “GE a vendu plus de turbines à gaz au premier semestre 2019 que sur l'ensemble de 2018", affirmait en septembre Philippe Petitcolin, délégué syndical CFE-CGC à Belfort.

C'est ainsi que, mi-septembre, les élus du comité de groupe européen de General Electric Power ont fait parvenir à la direction de GE leur projet alternatif. Les représentants du personnel seraient prêts à accepter des suppressions de poste, sous la forme d’un “plan senior et d'un plan de départs volontaires”, à condition que le site belfortain ne soit pas fragilisé, mais pérennisé.  

Belfort, centre mondial pour les turbines 50 Hz

L’intersyndicale demande l’ouverture de négociation sur un “projet d’entreprise” dans lequel Belfort deviendrait pour le groupe un “centre mondial” pour les turbines de catégorie 50 Hz. 

Tout en restant dans l’intersyndicale, la CGT a avancé son propre “plan B” dans lequel elle préconise, entre autres, de renforcer la recherche et développement et de diversifier l'activité du site belfortain, en lui confiant non seulement la fabrication des turbines mais aussi leur réparation, effectuée aujourd'hui aux Etats-Unis.

La proposition de General Electric

Le 3 octobre, General Electric a annoncé que le groupe accepterait de réduire de 150 au maximum le nombre de postes supprimés sur le site. 150 postes sauvés sur un total de 792 départs initialement proposés à Belfort. Une réduction du plan social conditionnée à la signature d'un accord portant sur “la réduction des coûts et l'amélioration de la performance”.

Une tambouille économique (Sud)

Ces conditions, les syndicats les ont très mal acceptées. Selon la CGT, il s’agirait notamment de "la diminution des RTT de 21 à 10 jours”, d’un “gel des salaires pendant trois ans”, de “la suppression des navettes transportant les salariés jusqu'au site”, également “un régime plus drastique des indemnités ou encore une diminution du nombre de places en crèche d'entreprise"

"Une boucherie, un carnage” réagit Cyril Caritey, délégué CGT, tandis qu’Alexis Sesmat, représentant Sud, dénonce une “tambouille économique”. Un “projet absurde” dénonce encore l’intersyndicale, pour qui la productivité de l’usine belfortaine n’avait pas jamais été mise en cause jusqu’ici.

Exaspérés, deux syndicats ont mis en oeuvre l’une de leurs menaces : porter plainte contre l’Etat pour ne pas avoir fait respecter l’accord passé avec General Electric lors du rachat du pôle énergie d'Alstom en 2014. Le géant américain avait promis de créer 1.000 emplois nets, promesse non tenue pour laquelle il doit payer des pénalités, et s'était aussi engagé à maintenir l'essentiel des activités turbines à gaz de 50 Hertz à Belfort. A ce titre, la CFE-CGC et Sud ont saisi le 7 octobre le tribunal administratif de Paris. Ils se disent disposés à retirer cette plainte si le gouvernement fait plier GE.

En attendant une nouvelle grande manifestation le 19 octobre, des salariés ont entamé mardi le blocage des sites de Belfort et Bourogne. Une réunion, qui s'est tenue ce mercredi matin, entre syndicats et direction à Belfort a tourné court. General Electric ne voudrait pas lâcher sur son plan de compétitivité. 

Le processus de consultation dans le cadre du plan social doit prendre fin le 21 octobre.

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