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Économie – Social

General Electric à Grenoble : l'intersyndicale pas satisfaite de la première réunion avec la direction

samedi 22 juillet 2017 à 0:08 Par Virginie Salanson, France Bleu Isère

Au moins 150 salariés de General Electric se sont réunis vendredi sur le parking de l'usine de Grenoble (38) pour entendre l'intersyndicale, après une 1ère réunion de concertation avec la direction. Celle-ci propose de supprimer près d'un emploi sur deux pour sauver la filière hydro-électricité.

La direction propose de supprimer 345 emplois sur les 800 que compte le site grenoblois.
La direction propose de supprimer 345 emplois sur les 800 que compte le site grenoblois. © Radio France - Virginie Salanson

Grenoble, France

Sur le parking de l'entreprise ce vendredi midi, sous un soleil assommant, ils sont venus nombreux écouter le compte-rendu de l'intersyndicale, près de 150 salariés sont massés pour comprendre un peu mieux ce que l'avenir leur réserve. Les visages sont graves, tendus, en attente. Dans la semaine, mercredi, les représentants de la CGT, la CFDT, la CFE et FO ont rencontré la direction, à Paris, pour la première réunion d'une longue série.

Pour sauvegarder l'activité "hydro-électricité" de l'entreprise, en déficit constant depuis 5 ans selon la direction, celle-ci propose de supprimer 345 des 800 emplois sur le site grenoblois. GE Hydro, filiale du groupe américain General Electric, produit entre autres les turbines hydrauliques destinées à l'exploitation des barrages en France et dans le monde. Cette première réunion devait entériner le début du processus. Les syndicats en sont ressortis amers, déçus. "Ils avaient préparé leur discours à l'avance et rien ne laisse la place à un éventuel changement d'avis" déplore l'un des élus du CCE, "il y a certains documents que l'on a pas et dès que l'on voulait parler de fond, on nous répondait sur la forme, que ce n'était pas le moment ou la bonne manière". Bref, résume Rosa Mendes, élue du CHSCT, la direction joue la montre.

La direction joue la montre

Rosa Mendes, élue au CHSCT "on a plein d'idée pour améliorer la situation". - Radio France
Rosa Mendes, élue au CHSCT "on a plein d'idée pour améliorer la situation". © Radio France - Virginie Salanson

Les élus sont donc venus dire aux salariés leur point de vue et les prévenir que la lutte pour préserver leurs emplois sera longue et difficile. "On ne va pas vous demander de venir en AG tout le temps parce qu'on ne veut pas vous faire perdre votre fric" déclare Rosa Mendes au micro devant la foule des salariés, "mais on se donne rendez-vous en septembre, et là, quand on aura besoin de vous et que le temps de l'action sera venu, il faudra être motivé".

Nous avons pleins d'idées pour sauver cette entreprise et cette filière - Rosa Mendes

Son discours est accueilli par des applaudissements. "Il y a une réalité économique" poursuit-elle après être descendue de l'estrade, "d'accord, discutons-en. Mais vient-elle uniquement du contexte mondial ou de mauvaises décisions prises depuis des années. Quand on fait une erreur, on fait le point, on analyse pourquoi et on corrige. On ne licencie pas un salarié sur deux. Nous avons pleins d'idées pour sauver cette entreprise et cette filière, mais on n'a pas l'impression que la direction a l'intention de nous écouter".

Cette restructuration, c'est "de l'assassinat"

Même désolation du côté des quelques salariés à rester discuter une fois les discours syndicaux terminés.Catherine et Joséphine travaillent depuis 40 ans et 36 ans à Général Electrique, à Grenoble. Elles sont très fières de leur entreprise "je suis un dinosaure de cette boîte", plaisante Joséphine, "mais j'ai participé à beaucoup de projet, de grands projets, et quand je vois comment on assassine cette filière, car c'est de l'assassinat, je trouve ça horrible. Je n'accepte pas que les Américains arrivent (General Electric a repris la branche énergie d'Alstom en 2015, et donc GE Hydro, à Grenoble NDLR) et nous disent que ce savoir qu'on est les seuls au monde à avoir, ne vaut rien" assène-t-elle, en colère.

L'intersyndicale, soudée, s'organise en vue de négociations longues et difficiles... et des mobilisations dès la rentrée. - Radio France
L'intersyndicale, soudée, s'organise en vue de négociations longues et difficiles... et des mobilisations dès la rentrée. © Radio France - Virginie Salanson

Les discussions autour du plan de restructuration en préparation doivent continuer la semaine prochaine avec les syndicats pour collaborer "de manière constructive, juste et équitable" explique la direction, dans un communiqué publié vendredi après-midi. Elle précise également qu' "aucune décision définitive n’avait encore été prise" sur les suppressions de postes, mais elle souligne aussi que le chiffre d'affaire mondiale de la filière hydro-électricité de GE a chuté de 1,6 milliard d’euros à 700 millions d’euros en cinq ans.

"Aucune décision définitive n’a encore été prise" assure la direction

En attendant un nouveau round, les syndicats ont embauché un avocat et un cabinet d'experts. Ils ont aussi mobilisés les politiques locaux : Eric Piolle, le maire de Grenoble, Christophe Ferrari, le président de la Métro, ont tous deux écrit à Emmanuel Macron pour l'alerter sur le risque que ce plan fait courir à l'emploi sur le bassin grenoblois.

Enfin, des représentants des salariés seront reçu le 1er août au ministère de l'économie pour défendre leur point de vue. Ils seront accompagnés de la député de leur circonscription, la députée La République en Marche, Émilie Chalas.