Économie – Social

Généralisation du service civique : portrait d'une jeune engagée

Par Rebecca Gil, France Bleu Gironde et France Bleu lundi 11 janvier 2016 à 7:00

Laura Prieto, 21 ans, engagée dans un service civique pour 9 mois
Laura Prieto, 21 ans, engagée dans un service civique pour 9 mois © Radio France - Rebecca Gil

François Hollande veut faire du service civique une généralisation, il l'a annoncé lors de ses vœux aux français en ce début d'année. Il précise ce lundi son annonce à l'occasion de la présentation des vœux à la jeunesse et aux "forces de l'engagement".

Le service civique, c'est la possibilité pour des jeunes de 16 à 25 ans sans condition de diplôme d'effectuer une mission d'intérêt général pendant une durée de 6 à 12 mois. En 2015, 70 000 missions ont été proposées aux jeunes, c'est deux fois plus qu'en 2014. L'objectif pour 2016 est de passer à plus de 150 000 jeunes. Le gouvernement et les structures spécialisées constatent au quotidien la force du service civique qui représente pour les jeunes une vraie étape de vie d’apprentissage par l’action citoyenne.

Témoignage d'une jeune engagée

 Laura Prieto a 21 ans. Elle réalise une mission de 9 mois via l'organisme Unis-Cité (organisme de référence pour le service civique en France) au sein de la mairie de Cenon où elle est "ambassadeur de la propreté" ; elle travaille sur l'environnement, le développement durable, la lutte contre le gaspillage alimentaire. Avec d'autres jeunes, elle tient un stand tous les mercredi matin au marché de Cenon. En parallèle, elle effectue une mission en partenariat avec la Poste à Bordeaux : elle est chargée d'accompagnement de publics précaires (personnes âgées mais aussi illettrés, étrangers...) Elle est ce que l'on appelle un GPS, autrement dit un "Guide vers un Parcours Solidaire".

Ce n'est pas un vrai travail mais c'est tout comme

— Laura Prieto, 21 ans, jeune engagée

Avec son sweat à capuche rose et son bonnet assorti, cette petite jeune semble pourtant avoir roulé sa bosse. Après avoir quitté l'Espagne il y a quatre ans et étudié en animation sociale et culturelle, elle cherche un peu d'expérience et tente le service civique. "Ce n'est pas vraiment un travail mais c'est tout comme, c'est vraiment de l'expérience professionnelle. On est considérés comme volontaires, mais on essaie d'être le plus professionnel possible. J'ai voulu faire ça après les études car je voulais approfondir les connaissances que j'ai acquises pendant mes études." Même si ce n'est pas un vrai travail, elle prend sa mission très au sérieux : "je ne trouve pas que l'on est traités comme des stagiaires, on nous implique vraiment dans l'action, même si leurs attentes ne sont pas aussi élevées qu'avec leurs salariés. Pour autant, on fait de notre maximum, on a des réunions, des comptes rendus chaque semaine, ils comptent sur nous."

Je ne fais pas ça pour l'argent, c'est clair

— Laura Prieto, 21 ans, jeune engagée

Laura Prieto, jeune engagée

Il s'agit donc d'une mission, non pas à proprement parler d'un contrat de travail, elle ne perçoit donc pas de salaire mais ce que l'on appelle un "dédommagement" mensuel d'un peu plus de 500 euros mais cela lui convient : "on est en situation précaire mais je n'ai pas fait ça pour l'argent, c'est clair. C'est déjà ça, ça me suffit" dit-elle. 

Une expérience enrichissante

Au niveau professionnel, elle est ravie : elle se fait une expérience de 9 mois, elle enrichit également son réseau puisqu'elle est amenée à rencontrer beaucoup de monde, et apprend à travailler mine de rien en entreprise, en collaboration avec ses collègues. Au niveau personnel, elle apprend beaucoup sur elle-même et en tire beaucoup de bénéfice : "on se sent utile quand les gens sont contents d'être aidés, ils apprennent quelque chose par l'intermédiaire de jeunes comme nous, c'est sûr c'est gratifiant". Après trois mois de mission, elle a déjà trouvé sa voie : elle reprendra ses études à la fin de son contrat. Elle se dirigera vers une licence professionnelle en coordination de projets au Québec.

Un message pour les jeunes

Pour ceux qui hésitent ou qui n'osent pas tenter l'expérience, elle a un message à faire passer : "j'ai envie de leur dire qu'ils ne se sentent pas obligés car cela doit venir d'un engagement personnel, si l'on n'est pas convaincu soi-même de l'engagement il vaut mieux ne pas le faire car cela demande du temps. En revanche, s'ils hésitent je leur conseille de sauter le pas. C'est un moyen pour trouver sa voie, ou pour l'approfondir comme c'est mon cas. En tout cas c'est une expérience enrichissante car on rencontre beaucoup de monde. Cela m'a vraiment beaucoup apporté pour mon avenir personnel et professionnel, ça peut nous faire changer."

  

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