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Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets jaunes dans le Loiret : "Si on ne nous répond pas positivement, ça va dégénérer"

dimanche 2 décembre 2018 à 18:25 Par François Guéroult, France Bleu Orléans

Dans le Loiret, le mouvement des Gilets Jaunes a été jusqu'ici épargné par les violences physiques et matérielles. Mais certains manifestants s'inquiètent du risque d'un éventuel dérapage. Le député LR de Montargis Jean-Pierre Door demande au gouvernement "un geste d'apaisement".

Dans le Loiret, la violence des Gilets Jaunes a surtout été jusqu'à présent de l'ordre de la violence symbolique, comme ici lors de la manifestation orléanaise de samedi
Dans le Loiret, la violence des Gilets Jaunes a surtout été jusqu'à présent de l'ordre de la violence symbolique, comme ici lors de la manifestation orléanaise de samedi © Radio France - François Guéroult

Loiret, France

Alors que la violence autour du mouvement des Gilets Jaunes est encore montée d'un cran ce week-end à Paris mais aussi en province (Tours, Charleville-Mézières, Le Puy-en-Velay, Avignon, Saint-Avold, Bordeaux, Narbonne, etc), aucun dérapage n'a été constaté dans le Loiret. La manifestation en centre-ville d'Orléans qui a réuni 500 personnes samedi, s'est ainsi déroulée dans le calme.

"Il faut que le gouvernement fasse un geste"

Pour autant, même les manifestants les plus pacifiques s'inquiètent des risques d'un éventuel dérapage. "Pour l'instant, la violence se concentre sur les casseurs, analysait Patrick Batté, un retraité venu de Chateaudun pour participer au cortège orléanais. Mais il viendra un moment où si on ne nous répond pas positivement, on va monter en puissance, et ça va dégénérer. C'est quand on n'est pas écouté, qu'on nous prend de haut et qu'on se fout de notre gueule, que les gens vont s'énerver ! Là, il faudrait que le gouvernement nous fasse un geste, nous dise : "On n'augmente pas les taxes sur le gazoil en janvier, et on se met autour d'un table pour voir ce qu'il y a à discuter", ça apaiserait les gens." Interview à écouter ici :

"Si on ne nous écoute pas et qu'on nous prend de haut, ça va monter en puissance et les gens vont s'énerver" - Patrick Batté, retraité Gilet Jaune

Un geste d'apaisement, c'est aussi ce qu'a réclamé dès samedi soir le député LR de Montargis Jean-Pierre Door :

"Le désespoir mène à la révolte"

De leur côté, les Gilets Jaunes installés au rond-point Bellefontaine de la Ferté St Aubin se disent toujours aussi déterminés, violences ou pas. Ils étaient une vingtaine ce dimanche après-midi, rassemblés sous leur tente, sans faire de barrage, même filtrant. L'un d'entre eux accepte de parler au micro de France Bleu Orléans, il refuse de donner son nom, on saura juste qu'il est technicien de maintenance, âgé de 40 ans. La violence à Paris et ailleurs ce samedi, il ne l'approuve pas mais pour lui c'est la faute du gouvernement : "Ils sont entièrement responsables, assène-t-il, puisque depuis 3 semaines ils nous méprisent. Ils ne comprennent pas qu'on est déterminés, c'est ça le problème. Aujourd'hui, la colère, elle est là ! Peut-être qu'il y a eu des casseurs, mais il y a surtout des gens qui en ont plein le cul, qui sont dans le désespoir, et le désespoir, il mène à la révolte."

Craint-il que ce genre de violences ne se multiplient ? La réponse est claire : "C'est pas que j'en ai peur, c'est que c'est la réalité, ça va être comme ça. Nous, on se canalise, quand y en a un qui commence à s'énerver, on le canalise. Mais y a un moment, ça tend, quoi : on passe nos week-ends sur un rond-point, on ne voit pas nos enfants on ne voit pas notre famille... Forcément la colère va grandir, et puis il va se passer des drames, comme hier à Paris." A moins, dit-il, que le gouvernement ne se décide à un geste fort. "La seule revendication qu'on a, c'est l'augmentation du pouvoir d'achat. S'ils nous disent : "on va geler la TVA jusqu'à nouvel ordre", nous, on rentre chez nous." Témoignage à écouter ici :

Un gilet jaune à la Ferté St Aubin, qui souhaite rester anonyme

La TVA, c'est 150 milliards d'euros par an, soit la moitié des recettes fiscales de l'Etat.