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Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

"Gilets jaunes" : Jérôme Rodrigues défile à Chambéry ce samedi

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Figure médiatique du mouvement des "gilets jaunes", Jérôme Rodrigues, est à Chambéry ce week-end pour l'acte XXV du mouvement. Il répond à France Bleu Pays de Savoie

Jérôme Rodrigues lors des manifestations du 1er mai à Paris
Jérôme Rodrigues lors des manifestations du 1er mai à Paris © Maxppp -

Chambéry, France

Jérôme Rodrigues est l'une des figures emblématiques du mouvement des "gilets jaunes". Le 26 janvier dernier, lors de la manifestation qui se déroule à La Bastille à Paris, ce plombier de la région parisienne est touché par un tir de LBD. Il en perd l'usage de son œil. Depuis, il manifeste toujours et tient à se rendre en province "où 75 % des "gilets jaunes" sont réunis".

Vous êtes originaire de la région parisienne, comment vous retrouvez-vous à manifester à Chambéry ce samedi ?

Je suis au départ en lien avec un groupe de "gilets jaunes" à Belley (Ain) depuis le début du mouvement. Quand Chambéry a pris contact avec moi pour savoir si je pouvais venir à leur pique-nique*, j'ai répondu que ce serait un manque de respect de ne pas prévenir ou convier les gilets jaunes de Belley. Les deux groupes sont entrés en contact et se sont mis d'accord (Il devrait donc y avoir des manifestants de L'Ain et même de l'Isère ce samedi à Chambéry NDLR) 

C'est important de maintenir en province des rassemblements régionaux ?

Ce qui me tient à cœur c'est de fédérer l'ensemble des personnes qui sont sur des ronds-points, des péages ou des manifestations et de se rappeler pourquoi on est descendu le 17 novembre (pour l'acte I).

Face à l'émoi qu'a suscité l'attaque que j'ai subie le 26 janvier à la Bastille, beaucoup de gens m'ont envoyé des messages de soutien et aller à leur rencontre c'est une façon de les remercier. Je descends aussi en province car 75 % de la base des manifestants sont provinciaux et montent tous les week-end à Paris. C'est un rendu de monnaie qu'un banlieusard parisien puisse descendre et leur donner un petit coup de motivation, discuter et échanger. 

Vous dites oui à tout le monde pour venir défiler en région ?

C'est très compliqué. Financièrement déjà ce n'est pas facile de se déplacer comme ça. J'essaie de satisfaire les gens. Avoir deux villes comme Chambéry et Belley, puis Grenoble en plus, ça permet de fédérer et de regrouper les gens. C'est ce que j'ai dit à Grenoble qui voulait que je vienne aussi chez eux. Je suis à 60 km, si les gens peuvent faire l'effort de venir pour échanger, ce serait une façon de fédérer et de faire se rencontrer les gens. Et voir qu'on a tous le même objectif.

Comment réagissez-vous à ce phénomène médiatique autour de vous ?

Je n'ai pas de groupe, je n'appartiens à aucun groupe de gilets jaunes. Je parle à tous les groupes qui composent le mouvement. Je suis le premier à mettre à bas ce mot "starification". La star ce n'est pas moi, c'est le mouvement. 

"Je ne suis pas une star. Je suis Jérôme Rodrigues. Ma vie a été bouleversée. Ce n'est pas facile de gérer cela et je n'ai pas été programmé pour ça."

Effectivement, il y a un effet médiatique qui s'opère autour de moi, les gens dans le mouvement ont l'air d'adhérer à mon discours. Dans la rue aussi, quand je fais mes courses par exemple, des gens me soutiennent aussi. Mais je ne suis pas une star. Je suis Jérôme Rodrigues. Ma vie a été bouleversée. Ce n'est pas facile de gérer cela et je n'ai pas été programmé pour ça. Il y a beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages !

J'essaie de faire remonter la voix du mouvement. Je ne suis pas une star. 

Quelle est votre situation personnelle aujourd'hui ?

J'étais depuis le mois de septembre en reconversion pour devenir plombier à 40 ans. Avant, j'ai été 20 ans dans le commerce à des postes à responsabilités. Aujourd'hui, il y a un peu tout qui s'est arrêté à cause de ma blessure. Beaucoup de choses sont remises en cause. Je suis dans le mouvement des gilets jaunes et il faut aussi que je réfléchisse à la suite pour moi, c'est ça qui est compliqué.

Vous venez dire quoi ce week-end à Chambéry ?

Essayer de fédérer, c'est important. Je veux aussi faire comprendre que "Gilet Jaune" ce n'est pas une doctrine ou une idéologie politique ou terroriste comme on peut l'entendre de certaines personnes. Ça reste une métaphore des personnes en détresse ou en panne. 

Sous ce gilet jaune il y a un citoyen avec des revendications citoyennes. Pour gagner la confiance des gens il faut montrer que l'on n'est pas ce que peuvent  dire certains en nous décrédibilisant autour de certains moments comme "Finkielkraut" (le philisophe a reçu des insultes antisémites en février 2019) ou autres "suicidez-vous" (propos adressés le 20 avril à des policiers lors de manifestations-un homme a été condamné). C'est pour nous discréditer et faire peur à l'opinion publique. 

Quand on discute avec des citoyens qui ne sont pas gilets jaunes et qui ont des a priori, il faut essayer de leur faire comprendre qu'il faut lâcher de temps en temps la télé car on s'aperçoit qu'au final tout le monde a à peu-près les mêmes problèmes en France.

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**Acte XXV ce samedi 4 mai avec un rassemblement à 13 heures au départ du Palais de Justice à Chambéry et un pique-nique au parc de Buisson Rond dimanche 5 mai.