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Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets Jaunes : le Medef propose une hausse du Smic

mardi 4 décembre 2018 à 9:01 Par Pierre Emparan et Frédéric Chapuis, France Bleu

En pleine crise des gilets jaunes, Geoffroy Roux de Bézieux, le "patron des patrons" propose ce mardi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, une augmentation du Smic, mais à condition de baisser les cotisations sur le salaire minimum.

Geoffroy Roux de Bezieux le président du Medef envisage une baisse du SMIC et réclame un moratoire sur les augmentations de taxes carburant.
Geoffroy Roux de Bezieux le président du Medef envisage une baisse du SMIC et réclame un moratoire sur les augmentations de taxes carburant. © AFP - ERIC PIERMONT

C'est une proposition pour le moins surprenante de la part du Medef. Dans le quotidien "Le Parisien/Aujourd'hui en France", ce mardi, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron des patrons envisage une hausse du salaire minimum. Une hausse du Smic réclamée notamment par les gilets jaunes.

Une hausse du Smic sous condition

Geoffroy Roux de Bézieux se dit favorable à une hausse du salaire minimum mais à condition de baisser les cotisations sur le Smic.  

"On a tous envie que nos salariés soient mieux payés mais cela ne peut pas se faire en taxant plus les entreprises" nuance immédiatement Geoffroy Roux de Bézieux. "Le Smic va augmenter assez fortement autour de 1,7 % ou 1,8 % au 1er janvier prochain. C’est déjà un alourdissement du coût du travail. Si on va au-delà et que cela se fait sous forme de baisse de cotisations, très bien ! Si la hausse du Smic est payée par les entreprises, cela se traduira par des destructions d’emplois"

Un Grenelle du "pouvoir se déplacer"

Le président du Medef est aussi favorable à un moratoire sur la hausse des taxes sur le carburant prévue en janvier. Moratoire que doit annoncer le Premier ministre, Edouard Philippe. "Il ne s’agit pas d’abandonner la fiscalité écologique mais d’en revoir la trajectoire". Geoffroy Roux de Bézieux réclame encore un Grenelle "du pouvoir se déplacer", (après la proposition de la CFDT du Grenelle du "pouvoir de vivre").

"Je ne suis pas sûr qu’il y ait un problème de pouvoir d’achat partout en France. En revanche, il y a un problème pour se déplacer dans certaines régions. Quand vous faites 50 km en voiture pour aller travailler, ce n’est pas la même chose que quand vous prenez le métro en région parisienne et que votre Passe Navigo est remboursé à 50 %. Le président du Médef appel à un "Grenelle du pouvoir se déplacer" parce que nos salariés habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail. Ce problème-là, il faut qu’on le prenne à bras-le-corps."

Le pouvoir d'achat n'est pas le même selon qu'on prend le métro ou son auto

Geoffroy Roux de Bézieux suggère ainsi de revoir l'indemnité kilométrique. C'est à dire que la taxe du versement transport de 8 milliards soit redistribué directement par les entreprises à leur salariés, là ou il n'y a pas de transports en commun (Métro, RER, Bus etc.). 

"La révolte des gilets jaunes a commencé avec la mesure des 80 km/h, qui n’a pas été comprise, puis avec l’augmentation des carburants couplée avec la hausse des taxes. Il faut savoir que 80 % de nos salariés prennent leur voiture pour aller travailler, dont 50 % n’ont pas d’autres choix, et ils font en moyenne 44 km. Pour les entreprises, en particulier les petites, c’est la double peine : nous subissons la hausse des prix des carburants sur les véhicules de société et la perte de chiffre d’affaires qui résultent de ces trois semaines de crise".

Nous sommes sur le point de basculer vers du chômage partiel   

Le président du syndicat de patrons s'alarme enfin des conséquences économiques du mouvement des gilet jaunes. 

"Il y a des destructions massives, à Paris et dans de grandes villes de province et à la Réunion, et des blocages, qui ont un effet extraordinairement négatif sur le commerce, avec des baisses de chiffres d’affaires de -20 % à -30 % en moyenne dans le transport et le tourisme. Nous ne pouvons pas nous permettre un week-end supplémentaire de même nature que ceux que nous avons vécus. Sinon, il y aura un risque très fort sur l’emploi. Nous sommes sur le point de basculer vers du chômage partiel, voire pire. Nous sommes quasiment en état d’urgence économique."