Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets jaunes à Bordeaux: les commerçants réclament à présent des exonérations

mardi 12 février 2019 à 17:29 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

200 commerçants bordelais impactés par les manifestations des gilets jaunes sont venus se renseigner ce mardi sur les aides dont ils peuvent bénéficier. Le président de la Ronde des quartiers est reçue à Bercy ce jeudi: il va demander une exonération de charges pour les commerçants les plus touchés.

Lors de l'acte 12 des Gilets jaunes, à Bordeaux, le 2 février
Lors de l'acte 12 des Gilets jaunes, à Bordeaux, le 2 février © Maxppp - Guillaume Bonnaud/ Sud-Ouest

Bordeaux, France

Présenter aux commerçants du centre-ville les dispositifs d'accompagnement auxquels ils peuvent faire appel pour surmonter la crise des gilets jaunes : c'était l'objectif de la rencontre organisée ce mardi matin à l'Athénée municipale, à Bordeaux, par la ronde des quartiers.  200 d'entre eux sont venus se renseigner sur les aides dont ils peuvent bénéficier, après 13 samedis de manifestations qui ont sérieusement impacté leur activité. 

Chaque commerçant présent a pu s'entretenir en tête à tête avec des représentants de l'URSSAF, des impôts, de la DIRRECTE ( la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) , ou de la Banque de France.  14 organims au total étaient représentés. 

Nathalie, par exemple, gère la brasserie le Saint-Georges, place Camille Jullian " Nous arrivons à maintenir notre chiffre d'affaire car nous avons diversifié nos activités, en recevant des groupes pour des soirées privées, mais le samedi , depuis la mi-novembre, nous avons 50% de clients en moins". Elle est venue pour obtenir des reports d'échéance, "parce qu'en ce moment, on est en manque de trésorerie". "On a repris l'affaire en mai, j'ai 19 salariés, et si en avril mai, la situation est la même, on va vers de grandes difficultés". 

"On obtiendra peut-être quelques délais de paiement, mais pour les obtenir, il faut faire beaucoup de démarches, poursuit Vianney du Grandlaunay, le directeur général de sports Aventures. Son magasin emploie 30 salariés, et il est situé rue de Cursol, entre le cours Pasteur et la place de la République, une rue occupée chaque samedi soit par les CRS, soit par les gilets jaunes. Autant dire que les clients se font rare ce jour-là .

Sur le mois de décembre, nous sommes à moins 22% de chiffre d'affaire - Vianney Du Grandlaunay, directeur général du magasin sports Aventure. 

"A quel moment les manifestants réaliseront-ils l'impact du mouvement?" Vianney Du Granlaunay, directeur général de Sports Aventure

Des craintes de recourir à l'activité partielle 

Certains commerçants envisagent même, si le mouvement dure, de recourir à l'activité partielle, ce qu'on appelait auparavant le chômage partiel. "Nous sommes là pour leur donner des informations sur la procédure", explique Laure Medjani, la directrice-adjointe du travail à la DIRRECTE Nouvelle-Aquitaine. "Nous avons en face de nous des personnes inquiètes qui ont besoin de savoir ce qu'elles peuvent faire. Elles craignent de devoir licencier, même si elles ne le souhaitent pas". 

"Si ça dure, on va avoir de graves problèmes"

C'est une solution à laquelle réfléchit Valérie De Cugnac,  co-gérante de la boutique Napapijri, boutique de vêtements rue St Rémi. Elle parle de 30 mille euros de perte depuis la mi-novembre. "Nous avons eu la chance d'avoir l'aide de la marque, ce qui nous évite la catastrophe, même si nous sommes indépendants. On a trois salariés, qu'on tient à garder, mais on anticipe. 

On voir l'impact que le mouvement a eu sur notre chiffre d'affaire à Noël, on se dit que si çà continue aux beaux jours, on va avoir de gros soucis, c'est évident".  Valérie De Cugnac, co-gérante du magasin Napapijri, rue Saint-Rémi 

Les commerçants accueillis à l'Athénée Municipale, à Bordeaux  - Radio France
Les commerçants accueillis à l'Athénée Municipale, à Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

Une délégation de commerçants des grands villes directement impactées par le mouvement des gilets jaunes est reçue ce jeudi après-midi à Bercy, par la secrétaire d'Etat à l'économie,  Agnès Pannier-Runacher, et par son homologue à l'Intérieur, Laurent Nunez.  Christian Baulme et Eric Malézieux, le président et le directeur de la Ronde des Quartiers, l'association des commerçants bordelais, font partie de cette délégation. Et ils vont demander une exonération de charges pour les commerçants les plus touchés. "Le report des charges sociales et fiscales, c'était une mesure très pertinente en décembre, argumente Christian Baulme,  mais il faut à présent voir à long terme, et l'exonération est la seule solution". 

"Aujourd'hui, ce qu'on veut obtenir, c'est l'exonération de charges" Christian Baulme, le président de la ronde des quartiers