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Économie – Social
Dossier : Mouvement des gilets jaunes

Gilets jaunes : que sont devenues les figures du mouvement dans le Calvados et dans l'Orne ?

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Jérémy Kouki, Ludivine Hilairet, Timoléon Cornu et Stéphanie Leprince étaient devenus, sans forcément le vouloir, les figures des gilets jaunes dans le Calvados et dans l'Orne en novembre 2018. Un an plus tard, tous ont pris du recul sans forcément renier leur engagement.

Jérémy Kouki et Ludivine Hilairet vont de nouveau se mobiliser ce samedi 16 novembre.
Jérémy Kouki et Ludivine Hilairet vont de nouveau se mobiliser ce samedi 16 novembre. © Radio France - Adrien Bossard

Calvados, France

Les gilets jaunes s'apprêtent à fêter ce week-end le premier anniversaire du mouvement né le 17 novembre 2018. Dans le Calvados et dans l'Orne, la contestation a notamment été incarnée par deux hommes et deux femmes devenues, en l'espace de quelques jours, les figures du mouvement. Sans l'avoir vraiment voulu ou choisi, ils se sont mis en avant, ont appelé à la mobilisation et ont organisé des réunions. Aujourd'hui, où en sont-ils dans leur engagement ? France Bleu Normandie fait le point

Les deux gardes à vue ont calmé les ardeurs de Jérémy Kouki

À l'initiative de toutes les mobilisations caennaises il y a un an, Jérémy Kouki, chauffeur de bus de 30 ans, est aujourd'hui plus en retrait. Ce rôle de tête de gondole, il ne l'a jamais revendiqué d'ailleurs. "J'ai pris la parole à plusieurs reprises. Mais je ne suis pas le seul. C'est ça qui est bien dans ce mouvement, c'est que tout le monde peut dire ce qu'il a envie de dire. Donc, il faut aussi laisser les autres s'exprimer", explique-t-il. 

Mais ce qui l'a surtout éloigné du terrain, c'est "la répression" lors des manifestations. "Je faisais des live sur Facebook, j'étais forcément en première ligne et j'étais ciblé, fliqué par les forces de l'ordre." Deux gardes à vue et deux rappels à la loi plus tard, il a décidé en juin de prendre du recul. "Il faut aussi que je pense à moi, que je me protège, je suis père de famille quand même. Maintenant, je fais très attention à ce que je dis et à ce que je fais". 

Jérémy Kouki assure malgré tout être "toujours gilet jaune" dans l'âme. Mais ce gilet, il ne l'enfile plus. "Ce n'est pas seulement un objet, c'est un état d'esprit." Il retournera se mobiliser ce samedi 16 novembre, sur le rond-pont bleu d'Ifs, car "les choses n'ont pas changé et ma colère est intacte." 

Ludivine Hilairet, "plus motivée" qu'il y a un an

La compagne de Jérémy Kouki, Ludivine Hilairet, est également rentrée dans les rangs par la force des choses. Mais elle croit que "les braises peuvent ranimer la flamme". La jeune femme de 22 ans se dit "plus motivée" qu'il y a un an. "Bloquer des ronds-points, ça ne sert à rien. Parce qu'on se bloque entre gens qui vivent la même choses. Mais je suis persuadée que l'on peut encore faire quelque chose. En un an, on n'a rien obtenu. À plus de justice sociale et fiscale, le gouvernement a répondu par le mépris : moins d'APL et un coup de poignard dans le système des retraites. Moi, j'ai peur d'aller sur le terrain. Mais je vais y aller." 

Timoléon Cornu, la fin du chômage

Contacté par France Bleu Normandie, Timoléon Cornu, autre leader de la contestation caennaise, était au il y a un an. Ce qui avait d'ailleurs motivé son engagement. Depuis, il a repris des études et va créer, en 2020, sa micro-entreprise dans le domaine de la captation et de l'imagerie. Il ne pourra pas être présent pour la mobilisation du samedi 16 octobre pour des questions d'agenda mais il dit regarder "de très près ce que font les copains".

Un engagement différent pour Stéphanie Leprince 

Très engagée dans le Perche, dans le département de l'Orne, en novembre 2018, Stéphanie Leprince dit s'être "désolidarisée" un temps du mouvement. "Il y a des choses que je n'acceptais plus, explique la chauffeuse de taxi. J'ai arrêté d'aller sur les ronds-points dans le froid car en plus, ça ne menait à rien. Le gouvernement ne nous écoutait pas. J'ai décidé d'agir autrement. Compte tenu de notre situation géographique, de notre relatif isolement, je me suis dit qu'il fallait repenser notre alimentation, notre manière de gagner du pouvoir d'achat en se tournant vers ce qui existe déjà."

Stéphanie Leprince mobilise donc un groupe "de copines résistantes" à la permaculture, aux jardins partagés et aux circuits-courts. "Et petit à petit, les gens sont revenus vers moi. On a fait des ateliers et on a initié des rencontres avec les acteurs locaux. Moi, maintenant, c'est ça qui m'occupe. Dans le mouvement des gilets jaunes, et c'est ça qu'il y a de bien, nous avons de tout. Des gens qui sont sur les ronds-points, des gens qui manifestent en centre-ville et des gens qui s'engagent autrement, pour améliorer le quotidien des gens et leur quotidien." 

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