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Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

"Gilets jaunes" : une entreprise de Brionne bloquée car elle emploie des étrangers

dimanche 25 novembre 2018 à 19:16 Par Sixtine Lys, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Ce samedi 24 novembre, des gilets jaunes ont bloqué les camions de l'entreprise Rayan-S installée à Brionne, dans l'Eure, car elle embauche des étrangers. L'un des manifestants a même menacé d'incendier la société.

La tension monte depuis le début du mouvement entre l'entreprise et les gilets jaunes de Brionne (photo d'illustration).
La tension monte depuis le début du mouvement entre l'entreprise et les gilets jaunes de Brionne (photo d'illustration). © Maxppp - PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Brionne (Eure), Brionne, France

Un chef d'entreprise de l'Eure a été menacé par des gilets jaunes ce samedi 24 novembre, et il est inquiet pour l'avenir de sa société. Rayan-S est une entreprise dans le bâtiment installée à Brionne. Grâce à un partenariat avec la préfecture, elle a embauché trois jeunes migrants sur ces différentes sociétés, dont un à Brionne. 

Et ce ne serait pas au goût de quelques gilets jaunes qui ont décidé ce samedi, vers 6H, de bloquer leurs camions. Selon les dires du dirigeant, Hamid Kerkouche, les gilets jaunes ont refusé de laisser partir travailler ses salariés parce qu'il embauche des migrants. Agacé, le chef d'entreprise a forcé le passage et la situation s'est envenimée.

On est en guerre civile, on est à deux doigts de brûler votre société"

Un fois le calme revenu, Hamid Kerkouche a discuté avec certains gilets jaunes : "_Ils nous en veulent d'avoir embauché des migrants_. Pour les gilets jaunes, ces migrants ont pris leur place. Il y a un petit jeune qui est allé très loin et qui m'a dit 'On est en guerre civile, on est à deux doigts de brûler votre société'." Les gilets jaunes ont fini par ouvrir le passage pour que les camions partent.

Les gilets jaunes confirment

Et côté gilets jaunes, on ne dément pas. Gilles Dieu est l'un des fondateurs du mouvement gilets jaunes à Brionne.  Il n'était pas présent au moment de l'altercation,  mais il a été sur ce rond-point toute la semaine. Il confirme que c'est tendu depuis le début du mouvement le 17 novembre 2018 entre les gilets jaunes et l'entreprise

"Moi je valide ce motif de blocage, au même titre que le blocage d'un chauffeur polonais. Ce qui lui est reproché sur le rond-point, c'est qu'il n'embauche que des Roumains, _et les gens de Brionne qui veulent travailler et qui lui déposent un CV, pas question_. Le problème c'est qu'il se fait du fric sur de la main d'oeuvre pas chère"

Le problème c'est qu'il se fait du fric sur de la main d'oeuvre pas chère.

Le dirigeant Hamid Kerkouche rétorque :"J'ai dit aux gilets jaunes : 'si vous cherchez du travail pourquoi vous ne venez pas me voir ?' Que ce soit eux ou des migrants, toutes les personnes qui veulent travailler sont les bienvenues. J'ai une annonce en continu chez Pôle Emploi parce que _je ne trouve pas de salarié aujourd'hui dans le bâtiment_. Il n'y a plus personne qui veut travailler dans le bâtiment.

Je me demande si je vais rester à Brionne"

"Mais quand j'ai vu la haine qu'ils avaient, j'ai eu peur. Et je me demande si je vais rester à Brionne", confie-t-il. Hamid Kerkouche est allé à la gendarmerie pour porter plainte mais les forces de l'ordre ne l'ont pas prise. Il redoute d'être à nouveau bloqué ce lundi 26 novembre.