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Économie – Social

Gironde : 20 après le label UNESCO, Saint-Emilion gagne en touristes mais perd ses habitants

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Par , France Bleu Gironde

20 ans après l'obtention du label patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO, la juridiction de Saint-Emilion s'est beaucoup développée autour d'un tourisme patrimonial et viticole. Les touristes sont de plus en plus nombreux alors que dans le même temps, la population locale diminue.

Les terrasses de Saint-Emilion se remplissent à l'heure du déjeuner.
Les terrasses de Saint-Emilion se remplissent à l'heure du déjeuner. © Radio France - Mélanie Juvé

Bordeaux, France

La juridiction de Saint-Emilion fête cette année les 20 ans de son inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. Le label, couplé au développement de l'œnotourisme, génère de plus en plus de passage au village. Un million deux cent mille touristes par an. 3 000 dans le bourg, les jours d'affluence. Alors que le centre-ville compte 180 habitants à l'année, la commune environ 1800 âmes. Etape incontournable sur la route des vins, la cité médiévale profite également du développement du tourisme à Bordeaux. 

Des commerces prospères, un village animé par un tourisme envahissant

20 ans après l'obtention du label, le bilan est mitigé pour Bernard Lauret, maire de Saint-Emilion et président de la communauté de communes du Grand Saint-Emilionnais. "Positif d'abord'", selon lui, parce que d'un côté, le tourisme fait vivre la ville. Les commerces prospèrent. Le bourg compte29 restaurants et 48 caves à vin, plus des magasins de vêtements, de souvenirs, etc. L'oenotourisme attire des visiteurs des quatre coins du monde dans la campagne environnante. En 1999, une vingtaine de châteaux du Grand Saint Emilion faisait de l'oenotourisme. Aujourd'hui, il y en a 130, soit six fois plus en 20 ans. Et près de 150 gîtes et chambres d'hôtes, 205 644 nuitées, ont été enregistrés par l'office de tourisme de Saint-Emilion sur ce même territoire par exemple. 

"Mais il faut faire attention," reconnait le maire. "Nous perdons de la population, donc nous tentons d'inverser la tendance." En faisant valoir son droit de pré-exemption, la mairie a réquisitionné deux maisons inoccupées pour y faire entrer de nouveaux habitants. Il y a beaucoup de logements loués ou vides au-dessus des commerces actuellement, selon Bernard Lauret.

Les flux de touristes posent également des problèmes pour garer sa voiture même pour les habitants du village. Les ruelles sont trop étroites pour accueillir tous les véhicules et impossible de remplacer des vignobles par des parkings. 

"La vie de village n'existe plus à Saint Emilion" 

De moins en moins d'habitants, de plus en plus de touristes. Jusqu'à 3 000 dans le bourg, les jours d'affluence, pour 180 habitants. Dans la grande rue, les commerces destinés aux locaux se comptent sur les doigts de la main : une épicerie, une boucherie, une boulangerie, une pharmacie. Contrairement aux boutiques touristiques. 

Joëlle en considère pas les touristes comme un souci. "_Le touriste qui vient à Saint-Emilion est calme_, il visite les bâtiments, il rêve... Ce n'est pas comme les stations balnéaires, le soir, c'est calme !" Pour elle, "La cité garde son charme, même avec les touristes !

Mais depuis 47 ans qu'il habite rue Thuau, dans la ville basse historique, Serge est fatigué du flot de touristes qui passe devant sa porte. Son jardin donne directement sur la rue. "Les gens prennent des photos de ma maison, sans demander !" Alors, certains jours, il n'ose plus sortir s'occuper de mon jardin quand il y a trop de monde. L'immeuble en face de chez lui a été vendu pour de la location saisonnière. "Vous ne pouvez pas avoir d'affinités avec ces gens-là ! La vie de village n'existe plus à Saint Emilion," lâche cet ancien garagiste, arrivé au village à 30 ans. "Si c'était à refaire, je ne viendrai pas habiter ici !" ajoute-t-il.