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Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gironde : à Libourne, des gilets jaunes dans l'action depuis trois semaines

vendredi 7 décembre 2018 à 18:47 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Le rond-point situé à la sortie de la rocade de Libourne est occupé depuis le début de la contestation par une vingtaine de gilets jaunes. "On ne lâchera rien", disent ces manifestants, qui continuent à filtrer la circulation et qui attendent à présent "un geste fort et concret" du président Macron.

Barrage filtrant au rond point à la sortie de la rocade, à Libourne
Barrage filtrant au rond point à la sortie de la rocade, à Libourne © Radio France - Pierre-Marie Gros

Libourne, France

Le rond-point à la sortie de la Rocade de Libourne, sur la route qui vient de Castillon et de Saint Emilion, est l'un de ceux qui sont occupés depuis le début du mouvement des Gilets jaunes il y a trois semaines en Gironde. Depuis le 17 novembre, ils sont en permanence une vingtaine à filtrer la circulation, pour la plupart des retraités, et ils restent, disent-ils, "déterminés comme au premier jour". 

Ce vendredi matin, la liste des voitures qui patientent s'allonge. Les manifestants ralentissent d'abord les chauffeurs des pois-lourds, avec qui ils dialoguent. "je suis solidaire, mais je ne peux pas m'arrêter des journées entières, explique Christophe , artisan-transporteur. Il ramène du verre recyclé vers le Pays Basque. Il y a des gens qui se bougent pour nous, et c'est bien :  je suis de tout coeur avec eux." 

La tente installée au rond-point pour le ravitaillement  - Radio France
La tente installée au rond-point pour le ravitaillement © Radio France - Pierre-Marie Gros

La plupart des automobilistes les encouragent, ou au pire, se montrent compréhensifs, à l'image de Yolande "Oui ça me gêne, mais je patiente gentiment", dit elle au volant de sa voiture. Ces gilets jaunes, elles les croisent tous les jours, sur la route de son travail à l'hôpital Robert Boulin. "Je travaille au service social, et je sais combien c'est difficile pour tout le monde. Il y a des gens en souffrance, et il faut à présent que le gouvernement se réveille vraiment." 

"Que le président arrête de nous mépriser"

Danièle vient tous les jours, et c'est la première fois qu'elle se joint à un mouvement social. Elle a 69 ans, elle touche, précise-t-elle, "680 euros de retraite par mois, et si je suis là, c'est pour mes enfants et mes petits-enfants". "Moi, à mon âge, je n'ai plus rien à perdre. Et s'il faut tenir six mois, je tiendrai six mois." Comme beaucoup de manifestants, elle en veut particulièrement au président de la République. "Pourquoi ne parle-t-il pas ? Il nous ignore, il nous méprise, il se calfeutre. Qu'il parle haut et fort, aussi fort que notre colère." 

En discussions avec les automobilistes  - Radio France
En discussions avec les automobilistes © Radio France - Pierre-Marie Gros

Que Macron agisse, parce que demain, il sera trop tard. — Danièle, 69 ans, gilet jaune mobilisée depuis le premier jour 

"ça fait mal que le président nous traite comme ça"

Parmi ceux qui viennent régulièrement participer à ces barrages filtrants, Bruno, un jeune retraité, qui est là "en solidarité, car je ne suis pas le plus mal loti". Les mesures annoncées jusque là sont à ses yeux nettement insuffisantes "Je pense que le gouvernement ne comprend pas le fond de cette mobilisation, et que ça va beaucoup plus loin que ces appels à la prudence lancés ces derniers jours. Ces exigences sont beaucoup plus grandes que l'arrêt de quelques taxes. " 

Le peuple s'est réveillé, et il n'est pas près de s'endormir à nouveau. — Bruno, un des gilets jaunes mobilisés à Libourne. 

"Il faut dissoudre l'Assemblée, pour que ces gens qui ne votaient plus puissent s'exprimer" Bruno, gilet jaune de Libourne

"Un geste pour le pouvoir d'achat" 

Marco vient lui aussi tous les jours manifester avec son gilet jaune à ce rond-point , et comme Bruno, il envisage de rendre à la manifestation de ce samedi dans les rues de Bordeaux. "Le gouvernement, dit-il, pourrait prendre des mesures raisonnables et raisonnés, qui calmeraient tout le monde, comme augmenter suffisamment les salaires pour redonner du pouvoir d'achat. Si les gens ont plus de pouvoir d'achat, ils accepteront plus facilement de payer des charges. Aujourd'hui, c'est le contraire. Je suis parti à la retraite il y a 12 ans, et je touche moins d'argent qu'il y a 12 ans. C'est ça que les gens ne supportent plus." 

Il y a des gestes forts à faire , des gestes réalisables, pour que l'on reparte dans la sérénité. — Marco, autre gilet jaune de Libourne. 

"Si on augmente les salaires, les gens accepteront plus facilement de payer les charges" Marco, gilet jaune à Libourne