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Économie – Social

Gironde : des réacteurs de la centrale nucléaire du Blayais à l'arrêt dès 2030 ?

mardi 27 novembre 2018 à 19:38 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

La centrale nucléaire du Blayais fait partie des huit en France, où des réacteurs pourraient fermer au plus tard en 2035, a annoncé ce mardi Emmanuel Macron. A Braud-et-Saint-Louis, la CGT parle déjà de gâchis, et la population s'inquiète de possibles conséquences sur l'emploi.

L'entrée de la centrale nucléaire du Blayais
L'entrée de la centrale nucléaire du Blayais © Radio France - Pierre-Marie Gros

Braud-et-Saint-Louis, France

14 des 58 réacteurs nucléaires français vont fermer d'ici 2035 : c'est Emmanuel Macron qui l'a annoncé ce mardi  matin en présentant le Programme Pluriannuel de l'Energie. En plus des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, qui fermeront à l'été 2020, quatre à six autres fermeront d'ici 2030, le reste entre 2030 et 2035, a précisé le président de la République. 

La mesure concerne les huit  plus anciennes centrales françaises, et dans cette liste, précisée par François De Rugy, le ministre de la Transition Ecologique, figure la centrale du Blayais, où un ou deux des quatre réacteurs, mis en service entre 1981 et 1983, pourraient être arrêtés au plus tard dans 17 ans. 

Sur place, la CGT a été la première à réagir en parlant de décision "stupéfiante et incompréhensible", notamment par rapport au calendrier annoncé. Le syndicat évoque "un gâchis industriel et économique, qui ne répond à aucune urgence écologique". Pour Olivier Delbos, secrétaire général de la CGT au CNPE du Blayais, "c'est un projet qui paraît totalement infaisable, sauf à encourager les gens à arrêter de se chauffer. Deux réacteurs fermés, ce sont 1.800 mégawatts en moins sur le réseau. Quand on sait qu'une éolienne produit en moyenne 2 Mégawatts, et les panneaux solaires encore moins, on à peine à imaginer que les énergies renouvelables viendront compenser ce manque". 

On n'est pas encore à l'orée de pouvoir se passer du nucléaire en France. - Olivier Delbos, secrétaire général de la CGT à la centrale du Blayais. 

"Un projet infaisable en l'état" Olivier Delbos, secrétaire général de la CGT au CNPE du Blayais

Le syndicat s"inquiète par ailleurs des conséquences que cette décision  pourrait avoir sur l'emploi, alors que le site compte 1.300 agents  EDF , auxquels il faut ajouter 700 salariés qui travaillent pour des entreprises sous-traitantes. "Faire fonctionner un ou deux réacteurs en moins, poursuit Olivier Delbos, cela risque de diviser par deux le nombre d'emplois à la centrale". 

A l'intérieur de la centrale du Blayais - Maxppp
A l'intérieur de la centrale du Blayais © Maxppp - Guillaume Bonnaud/ Sud-Ouest

Des risques pour l'emploi 

Dans le village de Braud-et-Saint-Louis, où vivent 1.550 habitants, on s'inquiète aussi de la "casse sociale" que cela pourrait provoquer. "Réduire l'activité, ce serait du chômage en plus, craint Alexandra, dont le mari travaille sur le site. 

Toutes les usines ferment, si en plus maintenant, les centrales nucléaires sont visées, qu'est-ce qui va nous rester? - Alexandra, une habitante de Braud-et-Saint-Louis. 

"Ce n'est pas envisageable " Reportage dans les rues de Braud-et-Saint-Louis

Car la centrale est le véritable poumon économique du Nord-Gironde. Laetitia tient le bar-épicerie multiservices du bourg, _"Tous ces gens qui viennent à la centrale nous font vivre, cela a un impact énorme. Sans eux, ce serait région morte."  Pour Jean-Louis Rigal, le maire de la commune, on a besoin de cette centrale, " un besoin énergétique et humain" "Les gens qui aujourd'hui manifestent contre les éoliennes seront demain les premiers à manifester  contre la baisse d'activité de la centrale, car tous ont un membre de leur famille ou un voisin qui y travaillent". _