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Économie – Social

Gironde : "En Guerre", le film de Stéphane Brizé, projeté devant des salariés de Ford Blanquefort

mardi 26 juin 2018 à 2:29 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Près de 200 personnes ont assisté lundi soir au cinéma les Colonnes, à Blanquefort, à la projection du film de Stéphane Brizé, avec Vincent Lndon, qui raconte le combat d'ouvriers pour sauver leur usine. Et parmi ces spectateurs, se trouvaient une vingtaine de salariés de Ford Blanquefort.

Vincent Lindon dans "En Guerre"
Vincent Lindon dans "En Guerre" -

Blanquefort, France

Un film qui raconte peu ou prou leur combat : lundi soir, le collectif des salariés de Ford organisait  une projection du film En Guerre, au cinéma Les Colonnes, à Blanquefort. Ce film, présenté au dernier Festival de Cannes, avec en vedette Vincent Lindon, évoque une histoire comparable à la leur : le combat des ouvriers d'une usine du Lot et Garonne, contre la fermeture du site. La  projection s'est déroulée en présence du réalisateur, Stéphane Brizé, et de Xavier Mathieu, conseiller sur ce film et ancien leader des Conti, les ouvriers de Continental qui se sont battus en vain contre la fermeture de leur usine, il y a 10 ans dans l'Oise. 

Juste avant le début de la projection  - Radio France
Juste avant le début de la projection © Radio France - PIerre-Marie Gros

Parmi les 200 spectateurs se trouvait une vingtaine de salariés de Ford.  Ils ont effectivement trouvé dans cette fiction, au moins dans sa première partie, de fortes similitudes avec ce qu'ils vivent :  une usine qui ferme alors que le groupe réalise des bénéfices records, l'impuissance des politiques jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, et les répercussions de la lutte sur la vie familiale, personnelle. Thierry travaille depuis 28 ans à Ford Blanquefort : "c'est la troisième fois que je voyais le film, la deuxième fois, j'ai pleuré pendant la projection".  

C'est nous, c'est ce qu'on vit au jour le jour. — Thierry, salarié chez Ford 

"C'est nous, c'est notre combat"

Pour cet ouvrier, "nous en sommes aujourd'hui là où en sont les salariés au milieu du film, et j'ai peur que nous vivions une seconde partie encore plus violente". Car dans un second temps, le combat se radicalise, et apparaissent alors au grand jour les divisions syndicales : les tensions entre ceux qui veulent sauver l'usine à tout prix et ceux qui veulent partir et encaisser le chèque, et ça aussi, pour Stéphane, 24 ans de maison, c'est aussi le reflet de la réalité. "Il y a ceux qui pensent d'abord à l'emploi, explique-t-il, et puis ceux qui pensent à la prime. Je ne les critique pas, ils ont leurs raisons. Mais il n'y a plus d'unité syndicale.".

Xavier Mathieu et Stéphane Brizé pendant le débat avec la salle  - Radio France
Xavier Mathieu et Stéphane Brizé pendant le débat avec la salle © Radio France - Pierre-Marie Gros

Après la projection, Stéphane Brizé et Xavier Mathieu ont répondu pendant trois-quarts d'heure avec le public. "Quand on me dit que mon film sonne juste, sonne vrai, dit-il notamment, je suis effectivement content de ne pas les avoir trahis. 

Quand en sortant, les gens me disent : on a le sentiment de se voir à l'écran, je suis content d'avoir été à la hauteur de leur réel. — Stéphane Brizé, réalisateur d'En Guerre

"J'ai de l'admiration pour le combat des Ford" Stéphane Brizé, réalisateur d'En Guerre

Stéphane Brizé a conclu la soirée en rendant hommage aux salariés de Ford pour la défense de leurs emplois. Un combat qui se poursuit dès ce mardi : syndicats et direction de l'usine de Blanquefort se retrouvent toute la journée pour définir les contours du PSE, le Plan social pour l'emploi. Quatre-vingt dix postes au total sont menacés. Les premiers départs volontaires pourraient intervenir début 2019.