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Économie – Social

Gironde : Ford reporte sa décision sur le projet de reprise de Punch

mercredi 28 novembre 2018 à 12:33 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu

La direction de Ford accorde un nouveau délai à Punch, seul candidat à la reprise de l'usine de Blanquefort : elle lui donne jusqu'au 10 décembre pour améliorer son offre. Ce nouvel ultimatum laisse de l'espoir aux représentants syndicaux, mais les salariés se lassent de cette attente interminable.

Philippe Poutou annonce aux salariés le nouveau délai donné par la direction de Ford
Philippe Poutou annonce aux salariés le nouveau délai donné par la direction de Ford © Radio France - Pierre-Marie Gros

Blanquefort, France

La direction de Ford continue à souffler le chaud et le froid quant à l'avenir de l'usine de Blanquefort : le groupe américain devait dire ce mercredi s'il accepte ou non l'offre de reprise déposé par le belge Punch. Il accorde finalement un nouveau délai au seul repreneur sur les rangs. 

Ford est prêt à envisager toute amélioration substantielle du business plan proposé jusqu'au 10 décembre - communiqué officiel de Ford 

Ce report a été annoncé lors du comité d'entreprise, qui a duré à peine une heure ce mercredi matin. Durant la réunion, le directeur du site a lu le communiqué de Ford Europe. Dans ce texte, la direction du constructeur automobile continue à se dire "réservée sur les plans que l'acquéreur potentiel offre le même niveau de sécurité et de protection, par rapport à notre plan social". *

A l'intérieur, la réunion du CE; à l'extérieur, les représentants syndicaux patientent  - Radio France
A l'intérieur, la réunion du CE; à l'extérieur, les représentants syndicaux patientent © Radio France - Pierre-Marie Gros

Pour la CGT, "encore une chance de trouver une solution"

Pour Gilles Lambersend, le secrétaire du CE, "la direction de Ford reconnaît que le nouveau business-plan de Punch est plus ambitieux, mais qu'il présente une certaine fragilité financière." Selon lui, Ford demande notamment des garanties bancaires, pour s'assurer que les prêts sont bien accordés. Mais l'élu CGT se veut malgré tout optimiste, "sans être euphorique". "Un nouveau délai a été accordé, Ford reconnaît que le plan est un peu plus solide : il y a quand même des indicateurs qui démontrent qu'il y a encore une chance de trouver une solution." 

Il reste une chance, et on va la jouer jusqu'au bout - Gilles Lambersend, secrétaire CGT du Comité d'Entreprise 

"Des indicateurs qui montre que cela peut encore aboutir" Gilles Lambersend, secrétaire CGT du CE Ford Blanquefort

Des salariés épuisés d'attendre une décision 

Mais ce nouveau sursis ne ravit pas les salariés, lassés d'attendre une décision. "Que ce soit oui ou non, mais qu'on nous donne une réponse, et rapidement. Nous sommes épuisés", dit par exemple Muriel, qui travaille depuis 19 ans à l'usine de Blanquefort. "On vient , et on passe huit heures à ne rien faire, à attendre; ça nous rend malades. Tout cela créé une ambiance pesante." 

On est une minorité à vouloir une reprise. Les gens en ont assez d'attendre - Muriel, contrôleur métallique à Ford Blanquefort 

"Il faut qu'ils arrêtent de nous laisser dans l'incertitude, on n'est pas bien" Muriel, chez Ford depuis 19 ans

"Mon mari travaille aussi ici, ajoute Muriel. On ne parle que de ça. On a un crédit pour la maison, on se demande si on pourra la garder. Et puis j'ai 51 ans, je ne pense pas que je trouverai du travail ailleurs. A nos âges, c'est foutu pour nous". 

Même constat du coté de Philippe, 27 ans de maison. "Les dirigeants de Ford savent déjà pertinemment s'ils vont donner l'usine à punch ou pas. Alors , qu'ils nous le disent tout de suite, parce que c'est lourd à porter." la certains de ses collègues parlent même de "torture morale". 

"On ne fait rien, on ne fait que penser à la situation "

Les directions de Ford et de Punch ont prévu de se rencontrer ce jeudi, pour de nouvelles discussions autour de cette offre de reprise.