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Économie – Social

Gironde : les facteurs attaquent leur cinquième semaine de grève

dimanche 8 avril 2018 à 17:18 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Malgré de nombreuses rencontres, les négociations n'avancent pas entre la Poste et les syndicats CGT, SUD et FO, qui ont appelé les facteurs à la grève générale depuis le 12 mars. Sur les 2 000 facteurs de Gironde, entre 700 et 800 ont participé à au moins un jour de grève d'après les syndicats.

Les facteurs se sont réunis vendredi à la Bourse du Travail.
Les facteurs se sont réunis vendredi à la Bourse du Travail. © Radio France - Thomas Coignac

"On ne lâchera rien", le mot d'ordre est lancé par Johnny Perré, de la CGT. Mais il est largement partagé par ses collègues. Vendredi, ils étaient encore une centaine (sur 2 000) à se réunir à la Bourse du Travail à Bordeaux. Avant de se diriger en cortège vers Meriadeck, devant la Grande Poste, où, tous les jours depuis quatre semaines, ils votent inlassablement la poursuite de la grève, qui devrait encore continuer ce lundi, pour une cinquième semaine. 

Ça coince autour du travail l'après-midi

Entre la direction et les syndicats, ne restent plus que deux obstacles, contre les sept ou huit revendications qu'il y avait au début de la grève. Mais ces obstacles sont de taille : la "sacoche" et la pause méridienne. La première, c'est le fait qu'un facteur ne préparera plus sa propre tournée, créant, de fait, deux rôles différents, entre ceux qui trient le courrier et ceux qui le distribuent. La pause méridienne obligatoire, elle, obligerait les facteurs à travailler le matin et l'après-midi. Alors que, disent-ils, ils ont organisé leur vies autour d'un travail qui ne se fait que le matin.

Ces deux factrices d'Eysines sont en colère. - Radio France
Ces deux factrices d'Eysines sont en colère. © Radio France - Thomas Coignac

Ces deux mesures, que La Poste veut "imposer" disent-ils, sont dans le cadre d'un grand plan de réorganisation, censé s'appliquer dans toute la France d'ici à 2022. Pour la direction, ce nouveau plan est rendu indispensable par la baisse du courrier, de 6 à 7 % par an. La direction garantit que dans chaque bureau de poste, il sera possible, sur la base du volontariat de rester à l'ancienne formule, ou de passer à celle incluant du travail l'après-midi.  Du côté de la "sacoche", La Poste admet que certains facteurs ne feront que de la distribution, et d'autres uniquement du tri. Tout en renvoyant sur chaque directeur de bureau de poste la responsabilité du choix de la formule. 

Un facteur inquiet.

Du côté des avantages pour les usagers, chacun a, là aussi, une lecture différente. La Poste certifie que cette nouvelle organisation permettra de renforcer les services autres que la distribution du courrier, comme l'opération "Le facteur veille sur mes parents". Les syndicats, eux, dénoncent des distributions à deux vitesses, avec des clients qui seraient privés de courrier un jour sur deux. Bref, là aussi, les deux parties semblent difficilement réconciliables.