Économie – Social

GM&S : "à chaque action, ce ne sont pas deux syndicalistes qui ont décidé, mais la totalité des salariés"

Par Benjamin Billot, France Bleu Creuse vendredi 6 octobre 2017 à 17:19

 Yann Augras, délégué CGT à GM&S
Yann Augras, délégué CGT à GM&S © Radio France - Marc Bertrand

Le secrétaire d'État à l'économie Benjamin Griveaux a estimé ce vendredi matin que "deux syndicalistes" mettaient en péril "la reprise de l'usine de GM&S". Une petite phrase qui n'est pas restée inaperçue du côté de la Souterraine.

Le gouvernement essaie-t-il de faire basculer l'opinion publique dans le dossier GM et S ? Après la petite phrase d'Emmanuel Macron à Égletons, enjoignant les salariés à "chercher du travail à la fonderie d'Ussel au lieu de foutre le bordel", c'est désormais le secrétaire d'État à l'économie qui accuse deux syndicalistes de l'entreprise de mettre en péril la reprise du site de la Souterraine. Les regards se tournent naturellement vers Yann Augras, délégué CGT et figure de la lutte des GM et S qui lui ne se sent pas visé.

Ah moi je me sens pas du tout visé. Toutes les actions qu'on a mené, ont été décidées par l'ensemble des salariés - Yann Augras, délégué CGT

Le délégué CGT de GM et S à la Souterraine va même plus loin, il explique que "très souvent les idées sont venues de la part des salariés eux-mêmes". La question se pose alors, pourquoi cette sortie gouvernementale ? Benjamin Griveaux tente-t-il de diviser les salariés et l'opinion publique pour affaiblir la mobilisation des salariés ou ex-salariés ?

"Je pense que le gouvernement tente de se raccrocher à toutes les branches qu'il peut trouver, en essayant de faire porter le chapeau aux syndicalistes et aux salariés de l'entreprise" explique Yann Augras qui, pour contredire cette image d'un mouvement menée entièrement par la CGT, rappelle la mobilisation des élus creusois la semaine dernière à Égletons.

Faut pas qu'ils oublient les maires. Mercredi à Égletons, ce sont quand même les maires des communes impactées qui ont demandé un rendez-vous avec Emmanuel Macron" - Yann Augras

Une demande de rendez-vous qui va d'ailleurs être renouvelée, les maires de la Creuse ont décidé d'envoyer une lettre collective à l'Élysée pour demander à nouveau d'être reçus par Emmanuel Macron. Et par personne d'autre.