Économie – Social DOSSIER : Le combat des salariés de GM&S Industry pour sauver leurs emplois en Creuse

GM&S : "les constructeurs ne veulent pas sauver La Souterraine à tout prix"

Par Quentin Chillou et Valérie Mosnier, France Bleu Creuse mardi 13 décembre 2016 à 20:11

L'usine tourne au ralenti depuis plusieurs semaines (photo d'archive).
L'usine tourne au ralenti depuis plusieurs semaines (photo d'archive). © Radio France - Quentin Chillou

Ils demandaient ce rendez-vous depuis un an. Les représentants des personnels de GM&S Industry de La Souterraine accusent le coup après une réunion sans réelle bonne nouvelle aux côtés des constructeurs automobiles Renault et PSA.

Les salariés de l'usine GM et S Industry sont plus que jamais dans l'incertitude, notamment en sortie d'une table ronde très attendue au ministère de l’Économie, en présence des constructeurs automobiles Renault et PSA, clients historiques du site.

C'est que des paroles ! Bien sûr qu'on est déçu. (Y. Augras, élu CGT).

Après 3h30 de réunion, les six représentants des salariés ont peu de chose à se mettre sous la dent. "On a 283 personnes qui attendent des réponses. Qu'est-ce qu'on va leur dire ? C'est que des 'peut-être, on sait pas'. On a rien à leur dire !"

Des commandes, pour remettre la trésorerie à flot, voilà ce que les salariés demandaient. Au final, le message donné par les donneurs d'ordre est "faut se rendre à l'évidence", explique Yann Augras (CGT), "on était une entreprise un petit peu surdimensionnée pour le chiffre d'affaire que l'on faisait. Sauf que ce sont eux, les constructeurs, qui nous ont mis Colla [Gianpiero Colla, l'actionnaire majoritaire qui a racheté l'usine en décembre 2014 pour 3€, ndlr] et les trois bandits de l'époque de Altia !"

Renault et PSA sont les deux donneurs d'ordre de l'usine. Ici, des pièces de C4 Cactus. (archive) - Radio France
Renault et PSA sont les deux donneurs d'ordre de l'usine. Ici, des pièces de C4 Cactus. (archive) © Radio France - Quentin Chillou

Je sens que les constructeurs ne veulent pas sauver La Souterraine à tout prix. (M. Vergnier).

"Si on attendait une solution pour l'emploi, c'est une déception", résume le député-maire de Guéret Michel Vergnier qui a assisté à cette table ronde. "Je sens chez les constructeurs deux positions, celle de PSA avec un engagement plus franc, et celle de Renault qui est beaucoup plus mitigée et réservée".

La situation du mois de décembre, notamment le versement des salaires, est pour le moment très floue. "Il manquait 140.000 euros, le représentant du ministre a fini par dire que ce n'était pas un problème", affirme, confiant, Michel Vergnier.

Yann Augras (CGT) préfère rester prudent : "c'est que des paroles ! On était sur une période d'observation de six mois, et là on nous dit que, peut-être, si on réduisait cette période à trois mois, peut-être, y'aurait des gens qui se manifesteraient... des repreneurs. Ce que Renault nous a fait comprendre c'est que pour reprendre, il faut un plan social important. Est-ce qu'ils en ont vraiment quelques choses à faire ? Je ne sais pas..."

Côté gouvernement, les solutions, pour cette période de trois mois, sont pour le moment bricolées. Selon Michel Vergnier, le manque de trésorerie, vu l'état du plan de charge insuffisant, "l'administrateur dit que ce n'est pas un problème, qu'on travaillera sur la TVA ou de l'URSSAF. Ces gens-là on l'habitude... . Ils pensent qu'on peut retrouver un repreneur dans ces trois mois."

Est-ce que ça vaut bien le coup de revenir ? (Y. Augras)

Une prochaine réunion ? Yann Augras est catastrophé : "Le conseiller au Secrétaire d’État à l'Industrie avait dit 'aller on se revoit au mois de janvier', mais eux c'est toujours des belles paroles, y'a pas de date de fixée ! Et si c'est pour refaire ce qu'on a fait aujourd'hui, est-ce que ça vaut bien le coup de revenir ?"