Grenoble : à l'Abbaye, le bras de fer continue entre la mairie et l'association Droit au logement
Ce mercredi 23 décembre, l'association Droit au logement 38 (DAL) a manifesté devant l'hôtel de ville de Grenoble. Ils protestent contre la coupure d'eau, d'électricité et de chauffage dans un bâtiment occupé depuis deux semaines par une une cinquantaine de personnes dans le quartier de l'Abbaye.

Les discussions sont au point mort entre le Droit au logement (DAL 38) et la mairie de Grenoble. L'association reproche à la municipalité d'avoir successivement coupé l'électricité, l'eau et le chauffage. Céline Deslattes est conseillère municipale en charge de la grande précarité. Elle affirme que c'est "le bailleur social Actis, gestionnaire du bâtiment" qui a pris la décision. Précisons toutefois que la présidente d'Actis n'est autre qu'Elisa Martin, première adjointe d'Eric Piolle. Le DAL dénonce une "stratégie réfléchie pour vider le lieu de ses habitants".

Propositions de solutions
Pour répondre à la demande de l'association, la municipalité a proposé des places dans des structures d'hébergement hivernal : "Nous refusons cette solution car elle est temporaire. Ils ne pourront rester que jusque fin mars. En plus, ces structures ont des conditions de vie catastrophiques", affirme Raphaël Beth, militant du DAL 38.
Céline Deslattes s'est rendue sur place à plusieurs reprises et a fait venir des travailleurs sociaux vendredi 18 décembre pour "procéder au diagnostic social des ménages et les accompagner dans leurs démarches". Pour préparer l’accompagnement, la mairie a demandé la liste des personnes qui occupent le bâtiment et leurs besoins. Le DAL a répondu à cette demande. Seulement, l'association n'a pas communiqué les noms et prénoms des personnes : "Certains sont sans-papiers sauf que cette liste a été envoyée à la préfecture, c'est trop dangereux pour eux", rappelle Raphaël Beth.
De son côté, la mairie ne comprend pas : "Si le DAL refuse que nous parlions à ces familles et si on nous donne une liste de personnes, sans élément, on ne peut pas procéder à l'hébergement. Pourquoi est-ce qu'ils refusent que nous rencontrions les familles pour les mettre dans un logement décent ? On ne joue pas avec des situations de vie", déclare Céline Deslattes. En attendant une solution, la cinquantaine de personnes continuent à occuper le 7 place Laurent Bonnevay sans eau, ni électricité, ni chauffage. Le bâtiment lui doit faire l'objet d'une réhabilitation.
