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DOSSIER : Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars

Grenoble : paroles de (sages)-femmes ce jour du 8 mars, journée mondiale de lutte pour le droit des femmes

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Par , France Bleu Isère

Certaines ont revêtu symboliquement la longue robe rouge des "Servantes écarlates" pour revendiquer ce 8 mars, journée pour le droit des femmes, dans les rues de Grenoble. Les sages-femmes demandent que leur profession soit vraiment considérée comme une profession médicale, et donc mieux payée.

Elles étaient plus d'une centaine à se réunir d'abord au Jardin de Ville à Grenoble -en costume, pour certaines- des sages-femmes hospitalières, de cliniques, des libérales et même des élèves sages-femmes. 

Elles demandent une meilleure reconnaissance de leur profession
Elles demandent une meilleure reconnaissance de leur profession © Radio France - Véronique Saviuc

Sur leurs pancartes, une même exigence, déclinée sous plusieurs formes : elles demandent une vraie reconnaissance de leur profession qui doit être considérée comme médicale, et "le salaire qui va avec" cette reconnaissance, compte tenu du grand éventail de leurs missions, au moment de l'accouchement mais aussi tout au long de la vie des femmes, et des risques de leur métier où elles ont "la vie de la maman et du bébé" entre leurs mains. 

Des élèves sages-femmes, parmi les manifestantes
Des élèves sages-femmes, parmi les manifestantes © Radio France - Véronique Saviuc

Les sages-femmes ont l'impression d'être "invisibles" aux yeux du gouvernement.  Alors elles actionnent aujourd'hui, le "code rouge" : dans leur métier, c'est le signal d'alarme quand un accouchement se passe mal et qu'il faut intervenir rapidement.

Les sages-femmes ont bloqué un court moment la circulation sur les quais de l'Isère
Les sages-femmes ont bloqué un court moment la circulation sur les quais de l'Isère © Radio France - Véronique Saviuc

"Le but de cette journée, c'est juste de montrer notre colère devant le manque de reconnaissance du gouvernement envers notre profession", explique Alexandra Licina, cadre sage-femme au GHM (groupe hospitalier mutualiste) de Grenoble. "Nous n'avons pas été invitées au Ségur pour débattre autour de la table. Invisibles aussi parce que l'État a du mal à reconnaître que notre profession est médicale. Il nous considère comme une profession paramédicale. Par exemple, lors des nuits de gardes,  nous avons un taux horaire de 1 € supplémentaire et 1700 € de salaire de début de carrière. Alors que nous avons des responsabilités énormes sur les épaules, en ayant la vie de la mère et de l'enfant entre nos mains". 

Elles se battent pour la reconnaissance de leur futur métier
Elles se battent pour la reconnaissance de leur futur métier © Radio France - Véronique Saviuc

Alexandra Licina rappelle que les missions des sages-femmes ne se limitent pas au moment de l'accouchement : "Les sages-femmes  sont entièrement dévouées aux femmes, de la puberté à la ménopause. On accompagne  toute la gynécologie de la femme, la contraception, la pose de stérilet, et également la lutte contre les violences conjugales ou sexuelles. On est vraiment sur tous les fronts de ce qui est lié à la femme."

Anne est sage-femme depuis 29 ans à la "clinique mutualiste" devenue le GHM. Elle aussi a un profond sentiment d'invisibilité : "Il faut savoir qu'on a droit à faire des prescriptions, qu'on fait des points de suture, qu'on suit les femmes toute leur vie. Le gouvernement veut bien nous utiliser, puisqu'il n'y a plus de gynécos de ville. Mais on n'a pas du tout le salaire qui va avec. On travaille un weekend sur deux à temps plein. On fait des nuits, on a des horaires difficiles, on a des astreintes. On est hyper polyvalentes. On doit savoir faire les accouchements, les réanimations, les consultations obstétricales . On doit être partout en fait. Mais personne ne le voit. "

Alexandra (à droite, l'organisatrice de la manifestation) et Anne, toutes deux sages-femmes au GHM
Alexandra (à droite, l'organisatrice de la manifestation) et Anne, toutes deux sages-femmes au GHM © Radio France - Véronique Saviuc

Mais ce qu'on en commun toutes les sages-femmes qui manifestaient ce 8 mars, c'est la passion du métier qui les anime, même après 20 ou 30 ans d'exercice. C'est ce que veut souligner Corinne Jolli, diplômée depuis 1992 qui a passé plus de 20 ans dans les salles d'accouchement et tient maintenant des consultations à Meylan. 

"C'est un métier où on est passionnées, parce qu'il y a des moments difficiles, quand on se retrouve avec une, deux, ou trois femmes sous péridurale. On a parfois l'impression d'être maltraitantes parce qu'on est nous-mêmes maltraitées. On essaie quand même d'avoir un autre accompagnement, parce qu'on aime les femmes et que pour un couple, c'est le moment le plus important de leur vie. Certes on est passionnées, toutes les femmes qui sont là sont passionnées. Ce qu'on fait, on le fait à fond. On n'abandonne pas. On est toujours en salle d'accouchement à 40, 50 ou 60 ans sachant qu'on est payées 11 € brut en plus pour les heures de nuit avec parfois du stress, des situations compliquées. On a été très discrètes jusque-là,  mais là, ce n'est plus possible. C'est pour ça qu'on se bat aujourd'hui". 

Un arrêt devant la permanence de l'ancien député et actuel ministre Olivier Véran où une délégation a été reçue
Un arrêt devant la permanence de l'ancien député et actuel ministre Olivier Véran où une délégation a été reçue © Radio France - Véronique Saviuc

Pour se faire entendre ce 8 mars, les sages-femmes ont mené une journée d'action proche du marathon,  qui a commencé par une manifestation le matin sur les quais,  puis un arrêt rue de Belgrade devant la permanence de l'ancien député isérois Olivier Véran devenu ministre de la Santé. Une délégation a été reçue par celle qui a succédé au ministre, la députée LREM Camille Galliard-Minier.

Les sages-femmes ont ensuite rejoint place Lavalette, devant le Musée de Grenoble, le défilé de tous ceux qui ont marché pour le droit des femmes dans les rues de Grenoble ce lundi après-midi. 

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