Économie – Social

Grenoble : quand les boues d'épuration servent à faire du gaz de ville

Par Laurent Gallien, France Bleu Isère et France Bleu jeudi 13 octobre 2016 à 10:48

Le méthane est d'abord débarrassé des mauvaises odeurs avant d'être transformé en biogaz utilisable sur le réseau
Le méthane est d'abord débarrassé des mauvaises odeurs avant d'être transformé en biogaz utilisable sur le réseau © Radio France - Laurent Gallien

Depuis le mois d’avril le méthane qui se dégage des boues d’épuration d’Aquapôle, la grande station de traitement des eaux de la Métropole grenobloise, est valorisé en Biogaz et injecté dans les réseaux de gaz naturel. Ça ne rend pas riche mais ça permet de dépenser moins.

« A plein cela permettra de produire l’équivalent de la consommation de 2 500 foyers, ou de la consommation annuelle de 60 bus au GNV (Gaz naturel pour véhicule) ». Devant l’installation de valorisation du biogaz Aymeric Leclerc, directeur d’Aquapôle, présente les performances de cette unité installée à grands frais – 13 millions d’euros pour les « digesteurs » et 3 millions environ pour la partie qui permet de valoriser le méthane en biogaz injectable dans le réseau GRDF – mais qui attire pourtant des curieux venus de collectivités de la France entière. La Métropole de Montpellier vient par exemple de passer visiter la station située entre les bords de l’Isère et l’A48 à hauteur du Fontanil.

Les énormes factures énergétiques des stations d'épuration

Faire du méthane avec les boues d’épuration – avec nos excréments – c’est quelque chose qui existe depuis longtemps mais Grenoble est avec Strasbourg la seule à vendre ensuite du biogaz. Le gain financier pour la Métro de cette vente : 300 000 euros par an, encore une fois « quand l’installation tournera à plein à partir de l’année prochaine ».

Il ne faut pas se méprendre : le bénéfice n’est pas dans le fruit de la vente du Biogaz. Il est dans les économies d’énergies ! Nettoyer notre eau coûte très cher en énergie : 3 millions d’euros par an environ pour Aquapôle, qui est l’installation la plus "énergivore" de la Métro. Méthaniser permet d’utiliser le gaz pour brûler les boues, dont la quantité incinérée est déjà diminuée de moitié par la méthanisation (17 000 tonnes de boues à l’incinération contre 33 000 sans le dispositif), et de chauffer les bâtiments en lieu et place du fuel. Ajoutez les 300 000 euros de vente de gaz et voilà une installation qui sans rapporter de l’argent permet d’en dépenser moins tout en réduisant – bonus non négligeable ! - le bilan carbone d’Aquapôle.

Etre moins "énergivore" c'est le défi de toutes les stations d'épurations

Partout en France les stations d’épuration cherchent à réduire leur dépenses énergétique. Outre la méthanisation et la valorisation du biogaz, valable essentiellement sur les grandes stations, d’autres examinent par exemple le moyen de turbiner les rejets d’eau pour produire de l’électricité. "Aujourd'hui ce n'est plus tellement sur les techniques d'épuration des eaux qu'il y a des progrès à faire" explique Aymeric Leclerc

Le méthane se fait dans ces gros réservoirs... - Radio France
Le méthane se fait dans ces gros réservoirs... © Radio France - Laurent Gallien

Avant d'être valorisé dans ces containers et tuyaux présentés par le directeur Aymeric Leclerc - Radio France
Avant d'être valorisé dans ces containers et tuyaux présentés par le directeur Aymeric Leclerc © Radio France - Laurent Gallien

La visite des installations de valorisation du biogaz à Aquapôle

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