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Économie – Social

Une longue journée d'affrontements entre lycéens et forces de l'ordre à Grenoble

jeudi 6 décembre 2018 à 21:02 Par Élisa Montagnat, France Bleu Isère

La mobilisation des lycéens a pris de l'ampleur. Dans l'agglomération grenobloise, les blocages des établissements ont débuté vers 7h30. S'en sont suivis, toute la journée, des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre... Jusqu'à la tombée de la nuit.

Feu de poubelles et grenades lacrymogènes : une épaisse fumée toute la matinée sur l'avenue Marcelin Berthelot
Feu de poubelles et grenades lacrymogènes : une épaisse fumée toute la matinée sur l'avenue Marcelin Berthelot © Radio France - Elisa Montagnat

Grenoble, France

Il est 9h du matin, un épais brouillard enveloppe l'avenue Marcelin Berthelot à Grenoble, à proximité du lycée Mounier. La fumée, qui prend au nez et à la gorge, vient des grenades lacrymogènes.

Onze interpellations en Isère, dont quatre à Grenoble

Les affrontements entre forces de l'ordre et lycéens ont duré la journée entière, et même, après la nuit tombée. Bilan : quatre personnes interpellées, dont trois mineurs. En Isère, onze interpellations ont eu lieu.

Les blocages des lycées de l'agglomération grenobloise ont débuté vers 7h30. Très vite, les lycéens ont convergé vers le lycée Mounier. Certains ont allumé des feux de poubelles, et les forces de l'ordre ont répliqué. Face aux CRS, certains lycéens deviennent plus violents, et s'en prennent aux abris bus, aux vitres d'immeubles, et aux voitures qui passent par là.

Dès 8h du matin, devant le lycée Mounier, les poubelles brûlaient. - Radio France
Dès 8h du matin, devant le lycée Mounier, les poubelles brûlaient. © Radio France - Elisa Montagnat

D'autres se mettent à l'écart : cette manifestation ne se déroule pas comme ils le pensaient. Deux lycéennes s'apprêtent à quitter les lieux : "Ça va trop loin pour nous... Ils cassent les arrêts de tram, ça ne sert absolument à rien ! C'est pas normal. Ceux qui cassent, ne savent même pas pourquoi ils manifestent."

Sur l'avenue Marcelin Berthelot, plusieurs arrêts de tram ont été saccagés, et des lycéens blessés. - Radio France
Sur l'avenue Marcelin Berthelot, plusieurs arrêts de tram ont été saccagés, et des lycéens blessés. © Radio France - Elisa Montagnat

Très vite la situation dégénère à cause de quelques excités... Elodie, élève de terminale S, dénonce une répression policière disproportionnée. "D'un coté, certes, il y a des poubelles qui brûlent, mais de l'autre, il y a des lycéens qui vont à l’hôpital en fait. On ne peut pas mettre ça sur la même échelle : des lycéens qui se prennent des flashballs dans la tête, des coups de matraque, des grenades lacrymogènes directement sur eux... D'un côté c'est du matériel, mais de l'autre c'est des humains ! Et puis, les CRS arrivent équipés, nous on n'a rien pour se protéger."

Des dizaines de CRS ont fait usage de grenades lacrymogènes, flashball et matraques sur le cours Jean Jaurès - Radio France
Des dizaines de CRS ont fait usage de grenades lacrymogènes, flashball et matraques sur le cours Jean Jaurès © Radio France - Elisa Montagnat

Aux alentours d'11h du matin le calme est revenu... Avant la tempête. Les lycéens, étudiants et un groupe de gilets jaunes, s'étaient donné rendez-vous en début d'après-midi dans le centre-ville de Grenoble. Entre 300 et 500 personnes sont réunies, toujours pour protester contre la loi Vidal et la réforme du baccalauréat, jusqu'à la tombée de la nuit.

La trentaine de gilets jaunes présents veillait à la sécurité des lycéens, "pas équipés pour ça" selon eux - Radio France
La trentaine de gilets jaunes présents veillait à la sécurité des lycéens, "pas équipés pour ça" selon eux © Radio France - Elisa Montagnat

Mais la nouveauté cet après-midi : un service d'ordre... Assuré par une trentaine de gilets jaunes, qui jouaient les infirmiers et pompiers sur le cours Jean Jaurès. "On a une infirmière, du sérum physiologique, des masques, de la biseptine... Et même un extincteur. A deux reprises, on a éteint des feux de poubelles." Ils expliquent : "Le problème c'est que la situation est tellement montée en violence d'un coup, au niveau des policiers... Ça n'a jamais atteint un tel niveau je crois. On savait que c'était une manif' dans laquelle il y allait avoir des problèmes, donc on veut éviter qu'il n'y ai plus de sang sur le trottoir. Les lycéens ne sont pas prêts, pas équipés pour ça." Effectivement, une lycéenne confiait ce matin "La moitié des jeunes ici ne savent pas ce que veut dire une sommation..." Maintenant, ils savent.

Les poubelles brûlaient encore sur le cours Jean Jaurès en début de soirée - Radio France
Les poubelles brûlaient encore sur le cours Jean Jaurès en début de soirée © Radio France - Elisa Montagnat