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Économie – Social

Grève à l'hôpital et à l'Ehpad d'Evron : "est-ce qu'on maintient ou on supprime des postes ?" demande la direction

mercredi 11 avril 2018 à 19:21 Par Charlotte Coutard, France Bleu Mayenne

Depuis plus d'un mois, les agents de l'hôpital et de l'Ehpad d'Evron sont en grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, et protester contre la suppression de certains avantages. La direction leur répond sur France Bleu Mayenne.

L'hôpital local d'Evron et son Ehpad emploient 250 personnes.
L'hôpital local d'Evron et son Ehpad emploient 250 personnes. - Les Coëvrons

Évron, France

La grève se poursuit à l'hôpital et à l'Ehpad d'Evron. Depuis plus d'un mois, depuis début mars, près de la moitié des agents sont en grève selon les syndicats. Ils dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail, et la suppression de certains avantages.

Cinq jours de repos payés en moins

Selon la direction, les agents vont perdre au total cinq jours de repos payés. Ils travaillent actuellement 7h30 par jour, mais ils mettent de côté tous les jours quinze minutes. Cumulées, cela donne cinq jours à prendre sur une année. Un système négocié avec l'ancienne direction. 

"Le ministère a décidé de diminuer les budgets des hôpitaux" La directrice de l'hôpital depuis 4 ans, Martine Dubois, s'en explique.

"Sur les conditions de travail, effectivement, on peut dire qu'il y a une dégradation dans la généralité puisque malheureusement, le ministère a décidé de diminuer les budgets des hôpitaux, donc forcement c'est compliqué pour les agents. Je demande aux agents de faire des efforts, je demande aux agents de travailler dans leur temps imparti, et de faire ce qui est compris dans la prise en soin du résident, l'hygiène, le repas, les médicaments, la prise en charge psychologique. Qui sont dus aux résidents hébergés, et qui paient pour ça, et qu'on leur doit".

"Si vous avez des sous vous le faîtes, si vous n'avez pas de sous, vous ne le faîtes pas".

"C'est comme chez soi, vous avez votre porte-monnaie avec votre paie, si vous avez envie de faire des travaux ou si vous avez envie d'aller au cinéma, si vous avez des sous vous le faîtes, si vous n'avez pas de sous, vous ne le faîtes pas. Nous c'est pareil, avant on pouvait faire, maintenant on ne peut plus faire".

Comment expliquer le déficit ?

Mais les comptes de l'hôpital et de l'Ehpad d'Evron sont dans le rouge : un déficit de 400 000 euros en 2017. Or ils étaient en excédant en 2016 de 300 000  euros. Que s'est-il passé ? Comment peut-on l'expliquer ?

"On était excédentaire parce qu'il y a eu des aides de la part de l'Agence Régionale de Santé, il y a eu des enveloppes qui ont été données, et il y a eu un peu moins d'arrêts maladie. En 2017, il y a eu une augmentation réelle des arrêts maladie, il a fallu remplacer les agents. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi l'impact du PPCR, c'est la transformation primes points pour les retraites, et ça, on en subit complètement l'impact en 2017, et ça nous fait _plus de 105 000 euros en moins_", se justifie Martine Dubois.

"Je suis dans la négociation, mais il faut bien entendre aussi qu'il y a des difficultés".

"Je revendique que ce n'est pas de ma faute, je revendique que nos tutelles, le conseil départemental et l'ARS, via le ministère de la santé, donc via le gouvernement, _nous diminuent nos subventions_, je ne suis pas la seule à le dire. Je suis dans la négociation, mais il faut bien entendre aussi qu'il y a des difficultés. Alors le choix est simple : est-ce qu'on maintient des postes ou est-ce qu'on supprime des postes. Si malheureusement les agents ne l'entendent pas, on sera obligé d'aller, ultérieurement, vers des suppression de postes", regrette la directrice.

Une petite avancée

Ce mercredi, la direction a accepté de revenir sur une de ses décisions : les salariés devront s'auto-remplacer, entre eux, en cas d'absence d'un de leurs collègues, pendant huit jours, et non plus quinze jours comme annoncé précédemment. 

Au bout du 9ème jour il y aura un CDD, à condition de trouver du personnel compétent, ce qui n'est pas toujours possible selon la directrice. 

Les syndicats doivent désormais décider s'ils poursuivent ou non le mouvement de grève. Ils se réunissent ce jeudi matin.