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Économie – Social

Grève chez Vitalis à Poitiers : les syndicats dénoncent "le flicage" de la direction

mercredi 10 avril 2019 à 18:46 Par Jules Brelaz, France Bleu Poitou

Le trafic des bus s'annonce très perturbé ce jeudi 11 avril dans le Grand Poitiers en raison d'un préavis de grève chez Vitalis. L'intersyndicale du réseau de transport en commun proteste contre des conditions de travail devenues "invivables".

Le trafic des bus s'annonce très perturbé ce jeudi 11 avril dans le Grand Poitiers.
Le trafic des bus s'annonce très perturbé ce jeudi 11 avril dans le Grand Poitiers. © Radio France - Adrien Bossard

Poitiers, France

Grosses perturbations à prévoir ce jeudi pour les 48.000 Poitevins qui prennent chaque jour le bus dans le Grand Poitiers. Un appel à la grève risque de paralyser de nombreuses lignes de Vitalis, le réseau de transport en commun qui dessert toute la communauté urbaine. Une intersyndicale (CGT, CFDT, CFE/CGC, UNSA et SUD) dénonce le climat social et les pressions managériales.

"La goutte d'eau qui a fait déborder le vase ? On a un collègue qui a été sanctionné parce qu'il s'est fait mal au travail !" (Sud Solidaire)

Les syndicats de Vitalis prévoient un taux de 80 à 90 % de grévistes parmi les 350 salariés, dont 246 chauffeurs. "C'est du jamais-vu ! La grève va être très suivie, et pour la première fois quasiment, il y a beaucoup de services administratifs qui seront fermés, donc le mal-être n'est pas que chez les conducteurs", explique Joël Mesmin, chauffeur depuis 38 ans chez Vitalis et délégué CGT.

Une alerte de la médecine du travail restée lettre morte selon les syndicats

Selon le secrétaire du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, "la médecine du travail alerte les dirigeants de Vitalis (...) car la santé physique et mentale des salariés est mise à l'épreuve". "Ça ne peut plus continuer comme ça sinon la société se cassera la gueule", met en garde Philippe Branlé, le délégué du CHSCT, chez Vitalis depuis 25 ans.

"On a un collègue mécano qui a fait une intervention pour réparer une borne de renseignement (à une arrêt de bus). Il a fait une petite erreur, en voulant refermer la porte il s'est fait électriser la main, et au lieu d'avoir un peu de compassion, la seule réponse qu'il a eue c'est d'avoir une convocation pour une sanction disciplinaire et là je viens d'apprendre qu'il a reçu un avertissement." (CHSCT)

"Moi si je me mets un coup de marteau par exemple à l'atelier, je me demande ce qu'il va m'arriver derrière. Il y a des sanctions parfois pour deux minutes de retard", raconte Jean-Charles Boutinot, mécanicien depuis 25 ans et délégué Sud Solidaire chez Vitalis.

"On a l'impression qu'on est chez les gendarmes"

L'intersyndicale dénonce "la discipline militaire" qui serait imposée aux salariés par un cadre de la direction. "On n'a pas été embauchés pour être dans une brigade de gendarmerie", fait remarquer Joël Mesmin, représentant CGT. 

"Ce membre de la direction qui est responsable de l'atelier, un ancien capitaine de gendarmerie qui veut faire fonctionner la boîte comme une caserne de gendarmes et pour nous, il est hors de question de travailler comme ça" (CHSCT)

"Même quand j'étais plus jeune au collège, on n'était pas aussi fliqué qu'ici. Un de ces matins, on va avoir un mât avec un drapeau et faudra péter un garde-à-vous avant de rentrer dans l'entreprise", craint  Jean-Charles Boutineau. Les syndicats demandent à être reçus ce jeudi par la direction. "Ce n'est même pas une question de salaire, c'est une question de vie au travail, les gens en ont ras-le-bol".

"Ici à Poitiers, il me semble qu'on a une municipalité socialiste et dans socialiste, il y a social et là c'est plus du tout le cas." (SUD)

La direction assure avoir satisfait aux revendications des syndicats

Jointe par France Bleu Poitou, la direction de Vitalis rappelle avoir tenu "deux réunions de négociations avec les organisations syndicales" dont la dernière le lundi 8 avril, dans l'objectif "d'éviter une grève pénalisante pour nos usagers"

"Des réponses ont été apportées par la direction sur chacune des revendications, et même au delà", assure l'entreprise, notamment "concernant l'évolution des salaires [avec] une augmentation proposée de 1,5% sur l'année 2019".

En ce qui concerne les prévisions de trafic, Vitalis assure que les lignes 1, 2 et 3 qui sont les plus fréquentées seront assurées à hauteur de 30 % et qu'aucune perturbation à craindre sur le réseau scolaire des lignes S.