Économie – Social

Les opposants à la loi Travail de nouveau dans la rue, manifestation en cours à Paris

Par Marina Cabiten et Raphaël Godet, France Bleu mercredi 14 septembre 2016 à 16:51 Mis à jour le jeudi 15 septembre 2016 à 15:35

Le cortège ce jeudi midi dans les rues de Marseille.
Le cortège ce jeudi midi dans les rues de Marseille. © AFP - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Plusieurs manifestations sont en cours ce jeudi contre la loi travail. Des incidents ont éclaté par endroits. A Paris, le cortège est parti en début d’après-midi de la place de la Bastille. Francebleu.fr fait le point.

Plus d'une centaine de manifestations et rassemblements sont organisés à Paris et en régions ce jeudi, pour réclamer l'abrogation de la loi Travail. Il s'agit de la quatorzième mobilisation nationale contre ce texte. La grève concerne la fonction publique, la Poste, la SNCF, la RATP, Air France, ou encore les intermittents du spectacle.

A Paris

Plusieurs milliers de personnes ont commencé à manifester en début d'après-midi dans la capitale. Le cortège, avec à sa tête Philippe Martinez (CGT), Jean-Claude Mailly (FO), Bernadette Groison (FSU), Eric Beynel et Cécile Gondard-Lalanne (Solidaires), s'est élancé de la place de la Bastille, et prend la direction de la place de la République.

A Belfort 

Le défilé s'est transformé en manifestation des "Alsthommes", qui ont voulu marquer le coup pour réclamer le maintien dans leur ville de l'activité ferroviaire d'Alstom, une semaine après l'annonce de son transfert vers l'Alsace d'ici à 2018. Ils étaient 2000, selon France Bleu Belfort.

A Grenoble

Des échauffourées entre forces de l'ordre et manifestants en marge du cortège ont éclaté à Grenoble, selon France Bleu Isère. Les policiers ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser la foule. Une personne a été interpellée. Une autre, légèrement blessée, a été transportée à l'hôpital.

A Guéret

Environ 150 personnes ont défilé dans les rues de la ville. Une poignée de manifestants ont tagué l'inscription "abrogation Loi Travail" devant la permanence du PS, selon France Bleu Creuse.

A Nantes

Environ 4000 personnes ont défilé dans les rues de Nantes, selon la préfecture. Des incidents ont une nouvelle fois éclaté dans la ville, près de la mairie. Les forces de l'ordre ont dû faire usage de jets d'eau et de grenades lacrymogènes.

A Rennes

La manifestation est terminée. Elle a réuni 3000 personnes, selon les syndicats. Mais il y a toujours de la tension entre les forces de l’ordre et des manifestants, décrit France Bleu Armorique.

Prévisions floues dans les transports 

Côté SNCF, des préavis couvrant l'ensemble du groupe public ont été déposés par la CGT-cheminots et SUD-rail, du mercredi soir au vendredi matin, ainsi que par FO sur un périmètre plus restreint. Mais le groupe ferroviaire n'était pas encore en mesure mercredi d'évaluer l'éventuel impact de ce mouvement. A la RATP, où un préavis a également été déposé par la CGT, la régie des transports parisiens prévoit pour sa part "un trafic normal sur l'ensemble des réseaux" métro, bus et RER.

La direction générale de l'Aviation civile (DGAC) a recommandé aux compagnies de réduire de 15% leurs programmes de vols dans les deux aéroports parisiens de Roissy et Orly, ainsi qu'à Beauvais. Ailleurs, des "perturbations sont attendues", précise l'Aviation civile dans un communiqué, en invitant les passagers à s'informer auprès de leur compagnie pour connaître l'état précis de leur vol.

Double objectif : mobiliser du monde et éviter les violences

A Paris, le cortège s'ébranlera à 14h de Bastille vers République, avec en tête les leaders de la CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et FIDL pour qui ce texte surfe sur une logique de "dumping social". Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a dit souhaiter "une grosse mobilisation", samedi à la Fête de l'Humanité. Lors de la précédente journée, le 5 juillet, au moment des vacances scolaires, à peine 30.000 personnes s'étaient mobilisées. Autre défi : éviter les violences qui ont émaillé quasi systématiquement les manifestations contre la loi Travail, en particulier à Paris, en Bretagne et en Normandie.

La der des der ? 

Les opposants vont-ils ensuite poursuivre ou abandonner la bataille contre un texte déjà promulgué et dont les décrets ont commencé à être publiés ? À ce stade, les syndicats n'ont pas prévu de nouvelle journée de mobilisation. Contrairement aux fois précédentes, aucune intersyndicale n'a été programmée jeudi soir pour décider de la suite du mouvement. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, souhaite déplacer la mobilisation sur le terrain juridique, à travers les questions prioritaires de constitutionnalité ou des recours juridiques européens.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a entamé la semaine dernière une série de concertations avec les syndicats et le patronat devant s'achever fin septembre. La loi travail n'y figurait pas en tête de liste, la priorité allant à une éventuelle réouverture des négociations sur l'assurance chômage, qui ont échoué mi-juin.

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