Économie – Social

Grève des infirmiers : "Une manifestation qui s'annonce historique"

Par Jules Brelaz, France Bleu Belfort-Montbéliard mardi 8 novembre 2016 à 7:50

Dix-sept organisations et syndicats d'infirmiers appellent à une grève mardi 8 novembre 2016.
Dix-sept organisations et syndicats d'infirmiers appellent à une grève mardi 8 novembre 2016. © Maxppp - Maxppp

Les infirmiers du secteur privé et du public sont appelés à la grève ce mardi 8 novembre 2016 pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail. "Ça suffit" lance Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière et infirmière de Belfort-Montbéliard.

Pour la deuxième fois en trois mois, une vague de blouses blanches va déferler sur la France ce mardi. Cette nouvelle journée de grève unitaire a été décidée par l'intersyndicale FO-CGT-SUD de la fonction publique hospitalière, mais devant l'ampleur du malaise, la CFTC et une vingtaine d'organisations d'infirmiers salariés et libéraux ont rejoint le mouvement. Les citoyens sont aussi appelés à rejoindre le cortège parisien.

On va s'exprimer et on va s'exprimer fort !

Après les suicides de plusieurs infirmiers cet été, c'est toute une profession qui dit son exaspération. Cette nouvelle mobilisation qui rassemble le privé et le public s'annonce "historique" selon Nathalie Depoire, la présidente de la Coordination nationale infirmière, elle-même infirmière à Belfort-Montbéliard.

Ras-le-bol général

Fermetures de services, surcharge de travail, réaffectation brutale des personnels, pression de la hiérarchie... Si les raisons de la colère des infirmiers sont nombreuses et ne datent pas d'hier, la principale revendication de la profession concerne les conditions de travail, "très dégradées quelque soit notre secteur d'exercice", explique Nathalie Depoire.

"On dénonce ensemble un mépris de nos tutelles, le manque de reconnaissance de la profession et nos compétences". La présidente de la Coordination nationale infirmière alerte également sur "l'exposition à la violence" dont sont victimes les agents hospitaliers.

On est là pour soigner, pas pour prendre des coups, ça suffit ! - Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière

Nathalie Depoire dépeint une profession au bord de la rupture. "Des collègues en détresse, la boule au ventre" que l'on fait "travailler plusieurs weekends de suite", avec parfois des "changements de service" imposés par la direction.

Interrogée dimanche soir sur cette nouvelle journée de mobilisation, Marisol Tourraine, la ministre de la Santé, a reconnu des "conditions de travail parfois difficiles", tout en rappelant que, depuis 2012, "les infirmières ont eu des revalorisations qui vont de 250 à 500 euros par an".