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Économie – Social

Grève des journalistes à Ouest-France : "est-ce qu'on a vocation à rester un journal local ?"

vendredi 14 septembre 2018 à 15:43 Par Philippe Thomas, France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

L'un des derniers bastions de la presse écrite doit faire face à son tour à la crise qui touche la profession : la direction du plus grand quotidien de France vient de présenter un plan qui prévoit de supprimer "cinquante-cinq postes sans licenciement." Les journalistes sont inquiets.

La Une de l'édition Calvados du journal Ouest-France du vendredi 14 septembre
La Une de l'édition Calvados du journal Ouest-France du vendredi 14 septembre © Radio France - Philippe Thomas

Caen, France

Comment faire face à la chute des ventes du journal papier ? Comment s'adapter à la demande sur internet ? Autant de questions auxquelles Ouest-France, après d'autres grands noms de la presse quotidienne, se trouve à son tour confronté. Il y a bien eu des adaptations au fil des ans, mais aujourd'hui la direction franchit un cap en présentant un vaste plan de réorganisation.

Le siège de la rédaction de Ouest-France à Caen - Radio France
Le siège de la rédaction de Ouest-France à Caen © Radio France - Philippe Thomas

Que dit ce plan ? Qu'il faut mutualiser ! En clair, dans un contexte économique difficile, réduire la voilure là où des journaux se font concurrence (Le Maine Libre dans la Sarthe, le Courrier de l'Ouest dans le Maine-et-Loire et Presse Océan en Loire Atlantique). Mêmes locaux pour certaines rédactions et articles en commun. Dans le Calvados, fermeture du bureau de Falaise, l'actualité du Pays de Falaise sera alors traitée par un journaliste dédié en poste à Caen. Autre conséquence : ils ne seront plus que 3 journalistes à suivre l'actualité de la région contre 5 aujourd'hui.

Au total , sur 580 journalistes professionnels, la direction envisage de supprimer 55 postes "sans licenciement". Les redéploiement et les départs en retraite devraient permettre d'y parvenir estime la direction qui entende bien renforcer sa présence sur internet avec la création de quatre postes de community manager, sans parler du renforcement de la rédaction parisienne ou de la création d'un poste à Bruxelles.

Des journalistes en grève pour la première fois après trente ans de carrière

Un projet depuis longtemps dans les tuyaux, aujourd'hui confirmé, qui inquiète les journalistes. A Caen, sur vingt personnes personnes à l'assemblée générale, dix-huit ont voté la grève, deux se sont abstenues. "Du jamais vu depuis au moins 10 ans", assure l'un des journalistes qui, comme ses collègues, préfère ne pas être cité. 

Certains ont choisi de suivre leur mouvement pour la première fois après trente ans de carrière, symbole d'une inquiétude grandissante. "Demain on aura des journaux où l'on aura la même chose, c'est une atteinte au pluralisme", confie l'un d'entre eux. "Y aura-t-il un intérêt encore demain à acheter deux journaux ?", s'interroge un autre, avant qu'une collègue rajoute, en référence à la disparition du bureau de Falaise : "est-ce qu'on a vocation à rester un journal local ?" 

Le maire de Falaise, Eric Macé, reste perplexe après cette annonce. Pour lui, "la qualité des articles d'un journaliste dépend de son enracinement dans un territoire et par la connaissance qu'il a du tissu associatif, politique et des gens. Je trouve cette décision regrettable et j'espère que nous aurons davantage de réponses dans les semaines à venir." La direction précise que certaines rédactions à Bayeux, Vire, Argentan ou Cherbourg seront légèrement renforcées.

En attendant, le travail reprend ce week-end avant de reprendre dès lundi avec le début du mouvement de grève.