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Grève des médecins hospitaliers à Toulouse : "Le burn out, le suicide sont aussi une réalité chez nous"

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse mardi 27 septembre 2016 à 9:03

Aude Rolin, médecin au CHU : "On a beaucoup tiré sur la corde du personnel hospitalier, elle est en train de se fendiller"
Aude Rolin, médecin au CHU : "On a beaucoup tiré sur la corde du personnel hospitalier, elle est en train de se fendiller" © Radio France - Bénédicte Dupont

Depuis ce lundi, les médecins hospitaliers de France sont en grève. Les médecins des hôpitaux sont épuisés, ils demandent à ce que leur temps de travail soit respecté. Témoignage d’Aude Rolin, médecin anesthésiste réanimateur au CHU de Toulouse et membre du syndicat SNPHAR.

Ce mardi matin sur France Bleu Toulouse, Aude Rolin médecin au CHU de Toulouse racontait son quotidien : "Une semaine de travail standard c’est minimum 50 à 60 heures. Ça peut monter jusqu’à 100 heures si on compte les heures d’astreinte. Par mois, il faut compter une dizaine de jours où je suis bloquée 24 heures pour l’hôpital". Du coup Aude Rolin peut passer deux jours ou plus sans voir sa petite fille de un an.

"Aujourd’hui on demande le respect de nos droits de salariés. Le respect du droit européen soit 48 h de travail par semaine, garde et astreinte comprise, comme en Allemagne ou en Angleterre. Une charge de travail acceptable qui permettrait d’être disponible pour nos patients et pas extrêmement fatigué ce qui nous rend dangereux pour nos patients. C’est une réalité".

"Y a un gros phénomène de burn out dans la santé hospitalière. A tel point que c’est un risque couvert par nos assurances. Un médecin est assuré contre le burn out. Mais ce risque est largement sous diagnostiqué car nous n’avons pas de visite médicale. Moi j’ai vu le médecin du travail une fois en 7 ans et je dois me considérer comme chanceuse !"

Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Aude Rolin ici.

Selon le SNPHAR, Il manque 20 médecins anesthésistes au CHU de Toulouse. Aujourd’hui les jeunes diplômés préfèrent partir vers le privé ou en simple remplaçant où ils sont payés deux à trois fois plus cher. "On a beaucoup tiré sur une corde qui est en train de se fendiller". Lundi, à peine une centaine de médecins du CHU de Toulouse ont suivi le mouvement. 4,53% de grévistes contre 20 à 25% dans les hôpitaux parisiens ou lyonnais. L'intersyndicale des médecins hospitaliers appelle à poursuivre la grève le soir et la nuit à partir de ce soir.

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