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Grève du 22 mars : pourquoi les syndicats et le gouvernement jouent gros

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Test social pour le gouvernement, estimation de la capacité à se mobiliser pour les syndicats : la grève de ce jeudi, qui devrait être très suivie chez les cheminots et certains fonctionnaires, est à fort enjeu pour les deux parties, dans un contexte de réformes accélérées voulues par l’exécutif.

Plus de 140 manifestations sont prévues partout en France ce jeudi.
Plus de 140 manifestations sont prévues partout en France ce jeudi. © AFP - Julien Mattia/NurPhoto

Fonctionnaires, cheminots, agents de la RATP, ou encore contrôleurs aériens : la journée de ce jeudi inaugure un printemps agité pour le gouvernement, avec une première manifestation qui concentre les mécontentements sur les réformes. Sept des neuf syndicats de fonctionnaires ont appelé à une grève générale sur l'ensemble du territoire. Les syndicats de cheminots, eux, ont appelé à une journée de mobilisation à Paris pour dénoncer la réforme du secteur ferroviaire. Plus de 140 manifestations sont prévues partout en France. Cette mobilisation porte des enjeux importants du côté des syndicats, mais aussi du gouvernement. 

La CGT espère une convergence des luttes, le gouvernement n'y croit pas 

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a anticipé, ce mercredi à Perpignan, "une très forte mobilisation", estimant que "si on ne fait rien, le gouvernement ne pliera pas". Le patron de la CGT s'est aussi félicité "qu'il y ait beaucoup plus de monde concerné et qu'on essaie de faire converger". Mais le gouvernement, qui se dit "déterminé" face aux mobilisations, affirme pour l'instant ne pas croire à une "convergence des luttes". "Il faudrait pour cela qu'il y ait une convergence des problématiques et ce n'est pas le cas", a dit la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dans le Journal du dimanche.

Derrière le front commun, des syndicats divisés

Malgré le front commun apparent pour mener ce mouvement social, les syndicats restent très divisés. La mobilisation des cheminots et des fonctionnaires a révélé des décalages entre les numéros un de la CGT, la CFDT ou FO et leur base.

Les syndicats ne sont pas forcément raccord avec leur sections "cheminots" : à la CGT, si Philippe Martinez rêve de convergence des luttes, la CGT Cheminots "veut défendre ses revendications et n'entend pas être noyée" par celles de la confédération, explique l'historien Michel Dreyfus à l'Agence France Presse. À la CFDT, le secrétaire général Laurent Berger, tout en critiquant la réforme de la SNCF, a pris de court ses troupes en déclarant qu'il fallait "regarder" ce qui devait évoluer dans le statut des cheminots. Un ton très en dessous de la position offensive de la CFDT-Cheminots, prête à une grève dure. Chez FO, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général, a soufflé le froid le 6 mars, en doutant de la volonté des salariés de "descendre massivement dans la rue de manière interprofessionnelle".  Une déclaration qui a agacé en interne.

Les élections professionnelles en ligne de mire 

En plus de ces divisions internes, les élections professionnelles, prévues en fin d'année à la SNCF et dans la fonction publique, peuvent expliquer ces dissonances, explique l'AFP. Elles pourraient rebattre les cartes dans la fonction publique notamment, où la CFDT rêve de damer le pion à la CGT. "Les syndicats sont en concurrence, s'observent, réfléchissent à leur tactique, s'interrogent sur l'attitude du public", analyse Dominique Andolfatto, professeur de sciences politiques, qui qualifie leur positionnement d'"improvisation". "Ils savent qu'il y a de la colère, mais ne sont pas sûrs que la base va les suivre", ajoute-t-il.

SNCF : la grève de jeudi, un test avant la grève en pointillés 

La grève en pointillés qui va commencer en avril à la SNCF peut tout aussi bien être lue comme un signe que les syndicats sont trop affaiblis pour lancer une grève totale, mais aussi comme une stratégie redoutable - "ingérable", selon un message interne de la CGT-Cheminots - pour tenir trois mois en limitant l'impact sur les salaires des cheminots.

Emmanuel Macron face à son premier grand test social 

Emmanuel Macron et son gouvernement vont donc passer leur plus gros test social ce jeudi. En Conseil des ministres ce mercredi, le chef de l'État a demandé "de poursuivre la pédagogie", a rapporté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, affichant "une attitude d'écoute mais aussi une très grande détermination à poursuivre les réformes".

Après la fronde des gardiens de prison en janvier, au sommet de l'Etat, on oscille entre sérénité et un certain fatalisme. Déterminé à "tenir" face aux grèves, selon la formule employée par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Le gouvernement aborde aussi le mouvement avec l'assurance d'avoir, du moins pour l'instant, l'avantage de l'opinion, échaudée par les fréquents retards et incidents.

Derrière le front social, le front politique 

Mais au front social, va venir s'ajouter la bataille politique, même si l'exécutif peut compter sur sa nette majorité En Marche à l'Assemblée. Le coup d'envoi législatif de la réforme ferroviaire sera donné à l'Assemblée nationale le 9 avril. 

La gauche, souvent divisée, a retrouvé un semblant d'unité avec un appel commun à manifester jeudi d'une douzaine de partis, d'EELV au NPA en passant par le PCF, Generation.s ou la France insoumise, dont le leader Jean-Luc Mélenchon devrait participer au cortège. Le PS, tenu à l'écart de cette initiative, sera également mobilisé : son nouveau premier secrétaire Olivier Faure, présent, a appelé les socialistes à la manifestation.

Pour sa part, le Front national de Marine Le Pen "combattra" la réforme de la SNCF, mais sans manifester.  Les Républicains, eux, "attendent de voir" ce que le gouvernement "propose concrètement" pour répondre "point par point" avec "des propositions".

© Visactu -
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