Économie – Social

Grève d'une cinquantaine de salariés et gros malaise chez Weston à Limoges

Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin mardi 20 septembre 2016 à 16:37

Une cinquantaine de salariés de Weston en grève mardi matin devant le site de Limoges
Une cinquantaine de salariés de Weston en grève mardi matin devant le site de Limoges © Radio France - Jérôme Ostermann

Mardi, une cinquantaine de salariés du fabriquant de chaussures a débrayé. Ils dénoncent une dégradation continue de leurs conditions de travail depuis l'arrivée d'une nouvelle direction il y a deux ans. Avec comme dernier exemple, la restructuration contestée de l'atelier piqûre cet été.

Gros malaise chez Weston. Le fabriquant limougeaud de chaussures haut de gamme où une cinquantaine de salariés a débrayé ce mardi matin. Ils estiment que les conditions de travail n'ont cessé de se dégrader depuis l'arrivée d'une nouvelle direction il y a deux ans. Dernier exemple en date, cet été, avec la restructuration de l'atelier piqûre. La goutte d'eau qui fait déborder le vase selon Catherine Pradeau, déléguée syndicale Force Ouvrière chez Weston :"Ils ont scindé l’atelier en trois parties, dont une est consacrée au mocassin "Mohican", l'emblème de Weston. Avant, on en fabriquait 90 par jour. Maintenant, et alors qu'ils ont déplacé deux postes dans d'autres services, ils nous en demandent 150 par jour. Ce n'est pas possible. La production ne sort pas. Et ils nous mettent la pression par rapport à ça. C'est tous les jours. Il y a des collègues qui ne sont pas bien. Ils viennent travailler mais ils sont mal. Certains pleurent. On ne peut pas continuer dans des conditions comme ça. On est au bout du bout."

"Ça devient une dictature !"

C'est pourquoi les salariés grévistes demandent la remise à plat du fonctionnement de l'atelier piqûre. Mais le mécontentement va bien au delà. D'ailleurs, ils ne souhaitent plus s'entretenir avec la direction du site limougeaud mais demandent à voir le PDG, Christopher Descours, basé à Paris. Car selon Philippe Marie, délégué syndical CGT, il n'y a plus de dialogue possible avec les dirigeants du site de Limoges :"Avant, ce n'était pas du tout la même politique. On arrivait toujours à s'arranger. Ils étaient plus dans l'humain. Par exemple, on pouvait prendre nos ponts et les rattraper ensuite. Maintenant, c'est non, non et non. Ça devient de la dictature. C'est vraiment tendu. On ne peut pas discuter avec des gens qui sont bornés comme des chevaux avec des œillères. On ne veut plus discuter avec eux. On veut que Christopher Descours descente à Limoges pour parler avec tous les salariés."

Des CDD en renfort dès lundi à l'atelier piqûre 

Une direction qui a quand même assouplit sa position après concertation avec les délégués du personnel ce mardi midi. Deux personnes en CDD vont renforcer l'atelier piqûre dès lundi. Il y a aussi d'autres avancées, concernant notamment les jours fériés et les ponts. La direction rappel aussi que les changements au sein de l’atelier piqûre ont été décidé cet été mais leur mise en place ne date que de ces derniers jours. Il s'agit donc selon elle d'une période d'ajustements. Les salariés doivent se réunir ce mercredi pour décider de la suite de leur mouvement. Quoiqu'il arrive, ils exigent des engagements écrits de la part des dirigeants.

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