Économie – Social

Grève à la poste ce jeudi : les syndicats dénoncent une situation comparable à celle de France Telecom

Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 7 décembre 2016 à 19:47

A Saint-Étienne la poste de Solaure est menacée de fermeture
A Saint-Étienne la poste de Solaure est menacée de fermeture © Radio France - Mathilde Montagnon

Les salariés de la Poste sont appelés à faire grève ce jeudi. Un mouvement à l'appel de la CGT, de Sud et de l'UNSA au niveau national pour dénoncer la réorganisation de la branche courrier et les conditions de travail au sein de l'entreprise.

Sous-effectif criant, mal-être au travail, absence de dialogue social.... pour les syndicats de la Poste, la situation au sein de l'entreprise est dramatique. "Là, on atteint le bout" souffle Sébastien Soulier, secrétaire général CGT-Poste dans la Loire. "Les effectifs sont à flux tendus, la masse salariale est réduite à son minimum. Malgré ça la Poste veut aller encore plus loin. Et elle détruit aujourd'hui la santé physique et psychologique de ses agents".

S.Soulier, secrétaire général CGT-Poste dans la Loire

Pour la CGT, la Poste se retrouve dans une situation comparable à celle de France Telecom il y a quelques années. Au moins huit facteurs se sont suicidés ces trois dernières années et cinq autres ont fait des tentatives de suicide sur leur lieu de travail. L’entourage et la famille de ces personnes mettent toutes en cause les conditions de travail. "On a supprimé 100 000 emplois depuis 10 ans" analyse Cédric Voutat, secrétaire départemental CGT-Poste dans la Loire. "On ne peut plus travailler dans de bonnes conditions. La Poste est dans la souffrance".

C.Voutat, secrétaire départemental CGT-Poste dans la Loire

Un appel à la grève et donc lancé ce jeudi 8 décembre à l'appel de la CGT, de SUD et de l'UNSA. Les syndicats réclament "une suspension réelle des réorganisations" et la mise de "l'emploi au coeur" des négociations. "Le mal-être au travail, les conditions de travail nécessitent que La Poste s'engage dans une négociation de haut niveau. Le rythme effréné des réorganisations n'est pas remis en cause. La direction veut s'affranchir de la règle des deux ans minimum entre deux restructurations", dénoncent dans un communiqué commun les syndicats, en déplorant des "sous-effectifs criants". Selon eux, "la branche courrier/colis ne respecte pas son engagement de suspendre les réorganisations à la distribution le temps de la négociation" et "le siège refuse d'étendre le périmètre de cette dernière à l'ensemble des métiers de La Poste". Des négociations avec la direction ont débuté le 26 octobre à la suite de la médiatisation de cas de souffrance au travail dont des suicides, dénoncés par l'ensemble des syndicats et notamment par SUD-PTT.