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Économie – Social

Grève : pourquoi les routiers sont-ils de plus en plus en colère ?

vendredi 29 septembre 2017 à 21:22 Par Julien Baldacchino, France Bleu

Ce vendredi, les syndicats de routiers ont menacé de reconduire leur mouvement de grève et de blocages la semaine prochaine, et seront rejoints par la CFDT et la CFTC le 10 octobre, après une réunion jeudi dont ils sont sortis "effarés". Leurs revendications se sont encore renforcées.

La grève des routiers pourrait se renforcer la semaine prochaine, voire même ce week-end.
La grève des routiers pourrait se renforcer la semaine prochaine, voire même ce week-end. © Maxppp - SEVERINE COURBE / PhotoPQR / La Voix du Nord

Les organisations syndicales des routiers vont-elles appeler à de nouveaux blocages la semaine prochaine ? "Je m'attends à beaucoup de choses", a déclaré le secrétaire général de la CGT Jérôme Vérité, qui annonce "une intersyndicale prévue lundi qui permettra de décider si on reconduit la grève ou non, mais cela ne m'étonnerait pas que certains commencent avant".

Les routiers de la Fédération nationale transports et logistique FO ont tenu plusieurs assemblées générales ce vendredi, et les grévistes sont désormais rejoints dans leur mobilisation par la CFDT et la CFTC, jusque-là restés en retrait, qui ont annoncé une grève pour le 10 octobre. Mais pourquoi, bien loin de diminuer, la grogne des syndicats de routiers semble-t-elle s'intensifier ?

La question des frais de route

En cause, la réunion entre syndicats et patronat qui s'est tenue jeudi soir au ministère des Transports, dont les syndicats sont sortis "effarés". Non seulement les organisations représentatives (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) ont déclaré n'avoir "rien obtenu de concret", mais en plus, selon Jérôme Vérité, ils ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route", un "coup de tonnerre" dans le milieu.

Ces indemnités, qui représentent les frais de repas ou de découche, représentent "jusqu'à 1.000 euros par mois sur la fiche de paie" d'après le représentant syndical et même "jusqu'à 1.200 euros" selon FO, font partie des primes qui jusque-là étaient définies par les conventions collectives et qui, une fois les ordonnances en vigueur, seront désormais définies par des accords au niveau de l'entreprise.

Les syndicats ont demandé à ce que ces primes soient sanctuarisées, mais selon FO "le patronat ne veut rien lâcher". La CFDT a même déclaré avoir quitté la direction qui a duré 5 heures, dénonçant "le patronat [qui] ne veut lâcher absolument rien". Sur Franceinfo ce vendredi, Catherine Pons, déléguée générale de l’UNOSTRA (Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles), a déclaré que "ça n'est absolument pas à l'ordre du jour, on ne va pas supprimer 400 ou 1.000 euros par mois aux salariés".

"On ne va pas dans les TPE et les PME du transport routier utiliser les ordonnances pour détricoter la convention collective".

Recul des acquis sociaux ?

Car dans ce secteur, 80% des entreprises sont des TPE et des PME, et ne disposent donc pas de véritable représentation syndicale au niveau de chaque entreprise. Si les syndicats de routiers sont particulièrement en colère depuis quelques semaines, c'est parce qu'ils craignent que la réforme entraînent un recul des acquis sociaux : le secteur des transports routiers est en effet soumis à une très forte concurrence, venant notamment de l'étranger, où les travailleurs détachés sont traités selon les règles de leur pays d'origine.

Ces arguments, qui ont donné le coup d'envoi à la mobilisation des routiers ces derniers jours, sont donc renforcés par la question des frais de route. "On est venu se battre pour sauvegarder quelques centaines d'euros, on est reparti avec des centaines en moins", a résumé Jérôme Vérité, bien que la ministre des Transports Elisabeth Borne a garanti que "les ordonnances n'étaient pas de nature à inquiéter la profession des chauffeurs routiers".