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Économie – Social

Grève SNCF : "Cet été, nous ne partirons pas en vacances", Alain Cherbit, secrétaire régional de l'UNSA ferroviaire

mardi 12 juin 2018 à 18:57 Par Laetitia Cherbonnel, France Bleu Armorique

Alors que les cheminots de la SNCF poursuivent leur quinzième séquence de grève, rester mobiliser est parfois difficile. La grève a un coût financier, moral, mais aussi physique sur les cheminots.

Assemblée Générale de l'intersyndicale, le mardi 12 juin
Assemblée Générale de l'intersyndicale, le mardi 12 juin © Radio France - Sarah Cozzolino

Rennes, France

Les mines sont fatiguées lors de l'assemblée générale ce mardi matin, alors que les cheminots entament leur quinzième séquence de grève depuis le mois d'avril. Marc est militant Sud-Rail, même épuisé il reste déterminé :"ma compagne étant cheminote, c'est des sacrifices. Financièrement c'est très difficile pour nous, explique le cheminot. C'est dur de se lever tôt le matin pour être au piquet de grève mais on continuera, on n'a pas le choix, c'est notre avenir qui est en jeu." 

Les cheminots rennais se réunissent à l'occasion de leur quinzième séquence de grève - Radio France
Les cheminots rennais se réunissent à l'occasion de leur quinzième séquence de grève © Radio France - Sarah Cozzolino

"On reporte beaucoup de choses"

Alain Cherbi est secrétaire régional de l'UNSA ferroviaire. Il perd une centaine d'euros par jour de grève. Sur l'année ce sera l'équivalent de 2 800 euros, c'est à dire un mois de salaire... Et c'est tout son entourage qui le subit. "Ca impacte toute la famille, raconte ce cadre de la SNCF. On reporte beaucoup de choses. Cet été nous ne partirons pas en vacances." Le quinquagénaire travaille du lundi au vendredi, et quand la grève tombe un jour de week-end, ses jours de repos ne sont pas payés. "La direction a décidé de durcir la situation vis à vis des grévistes de façon à les saigner au portefeuille, s'indigne Alain Cherbit. Sincèrement, je considère ça comme du vol."

Alain Cherbit, secrétaire régional de l'UNSA ferroviaire : "Je me bats pour les générations futures" - Radio France
Alain Cherbit, secrétaire régional de l'UNSA ferroviaire : "Je me bats pour les générations futures" © Radio France - Sarah Cozzolino

Heureusement, sa famille le soutient, mais le plus dur c'est le regard des amis et des voisins. Ils lui renvoient tous les clichés autour du statut des cheminots.  "Les gens pensent que nous sommes des privilégiés, se plaint le cheminot. Nous on le vit très mal. Evidemment, on a des avantages, mais comme dans toute entreprise." Même s'il admet que sa motivation baisse, Alain Cherbit l'assure, il le fait pour les générations futures.

La convention collective nationale à négocier

Pour Envel la situation est plus compliquée. A 22 ans, il n'est pas syndiqué et vient tout juste d'entrer à la SNCF. Il a commencé au début des grèves, il y a deux mois et demi. "D'un côté on a la direction qui nous explique que ce serait bien de ne pas faire grève parce qu'on vient de commencer, explique le jeune homme, mais de l'autre côté on a aussi les syndicats et les collègues, et on doit faire un choix. J'ai envie de me battre pour conserver ces acquis. On sait toujours ce qu'on perd, mais on ne sait jamais ce qu'on récupère derrière..."

Ce vendredi, l'intersyndicale rencontrera la ministre des transports, Elisabeth Borne, et le patronat. Les cheminots y voient les débuts d'une négociation sur la future convention collective nationale.