Économie – Social

Grippe aviaire : de la pénurie de canards au chômage technique, une entreprise toulousaine s’inquiète

Par Lola Fourmy, France Bleu Toulouse lundi 18 janvier 2016 à 19:16

Ateliers de production de la maison Samaran
Ateliers de production de la maison Samaran - Lola Fourmy

La Haute-Garonne fait partie des 18 départements concernés par les mesures de lutte contre la grippe aviaire. Conséquences : dès le mois de mai, il n’y aura plus de palmipèdes dans le Sud-Ouest. Une catastrophe pour les éleveurs mais aussi pour les vendeurs, certains craignent le chômage technique.

L’Etat a décidé de frapper fort pour lutter contre la grippe aviaire en France. A partir de ce lundi, les éleveurs de canards et d’oies ne peuvent plus démarrer de nouvelle production, ils doivent écouler celles qu’ils ont actuellement, une manière de vider les élevages. D’ailleurs à partir d’avril, ils subiront un vide sanitaire de 4 mois : plus un canard dans les élevages, nettoyage et désinfection, comme le précisait France Bleu dès vendredi.

En Haute-Garonne, ces mesures concernent 353 élevages, mais aussi, tout le reste de la filière : producteurs de céréales, transformateurs, vendeurs et même fournisseurs de boîtes de conserves.

A Toulouse, par exemple, la maison Samaran est spécialiste du canard depuis 1968. Elle vend magrets, foies gras ou encore confits, et avec ces mesures, elle va se retrouver sans matière première d’ici le mois de mai.

Le canard : 85% des produits de la maison Samaran

La maison Samaran vend essentiellement du canard, même si elle propose aussi de la volaille ou des produits de traiteur. Alors pour faire face à la pénurie dans les prochains mois, elle se réorganise. Le but : congeler au maximum les produits tirés du canard pour pouvoir en vendre le plus longtemps possible. Mais Lionel Gasc, le responsable de la production, l’affirme : ça ne suffira pas à répondre à la demande.

Reportage dans les locaux de production de la maison Samaran

Le chômage technique envisagé

Une vingtaine de salariés travaillent dans les ateliers de production de la maison Samaran et il y a souvent besoin de renfort, mais cela ne va pas durer.

« Pour l’instant, on emploie trois personnes en plus, d’ici peu, on n'en prendra plus aucune » Lionel Gasc

Pendant le vide sanitaire, il n’y aura plus de canard, donc plus de matière à découper, à cuisiner ou à empaqueter. La maison Samaran craint de devoir mettre certains de ses salariés au chômage technique si l’Etat ne débloque pas les aides suffisantes. Samaran estime déjà ses pertes à 2 millions d’euros.

Les clients vont devoir se passer de canard

Jusqu’ici les clients continuent d’acheter du canard, les ventes ne baissent pas, et certains font même des stocks.

« Dans les campagnes, les gens viennent acheter pour faire des stocks » Christophe Samaran

Et pour cause, dans les prochains mois il sera impossible de trouver des canards originaires du Sud-Ouest. Ce qui inquiète d’ailleurs beaucoup les restaurateurs. Ils sont plus de 500 à travers la France à se fournir chez Saraman. Les chefs toulousains comptaient d’ailleurs sur le canard, produit typique du Sud-Ouest, pour séduire les supporters de l’Euro de foot qui commence au mois de juin. C’est râté.

La Présidente de la nouvelle région, Carole Delga, doit rencontrer le ministre de l’agriculture ce mardi 19 janvier pour faire le point sur la situation.

Au total entre 150 000 et 200 000 emplois, directs et indirects, sont menacés par cette nouvelle crise. 

Le responsable de production de la maison Samaran - Aucun(e)
Le responsable de production de la maison Samaran

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