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Économie – Social

Gros mouvement de grève chez Benteler à Migennes

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Par , France Bleu Auxerre

Depuis mercredi matin, une bonne centaine d'ouvriers de l'usine de sous traitance automobile Benteler à Migennes ont débrayé, à l'appel du syndicat Force Ouvrière. Ils réclament un 13ème mois de salaire à leur direction, en compensation d'un accord d'entreprise sur la hausse du temps de travail.

L'équipe de grévistes du matin devant l'usine Benteler à Migennes - jeudi 16 février 2017.
L'équipe de grévistes du matin devant l'usine Benteler à Migennes - jeudi 16 février 2017. © Radio France - Elisa Brinai

Migennes, France

Depuis mercredi matin, cinq heures, des ouvriers de l'usine de sous-traitance automobile Benteler basée à Migennes dans l'Yonne ont décidé de lever le pied, pour répondre à l'appel à la grève lancé par le syndicat Force Ouvrière, majoritaire au sein de l'usine. Selon FO, près de 80 % des salariés suivent le mouvement pour réclamer un treizième mois de salaire en 2017, en compensation de la hausse de temps de travail à laquelle ils ont consenti l'année dernière.

Un contrat sur la hausse du temps de travail pas respecté

Benteler, entreprise internationale de sous-traitance automobile, emploie près 300 salariés dans l'Yonne au sein de l'usine de Migennes et plus d'une centaine d'intérimaires. En 2016, les ouvriers ont accepté une augmentation du temps de travail pour redresser leur compétitivité. Ils ont renoncé à deux journées de RTT et accepté de travailler quinze minutes de plus chaque semaine, pour le même salaire. En retour, la direction leur promettait l'arrivée de deux gros contrats, avec Volvo et Toyota, qui devaient leur assurer des carnets de commandes pour les sept à huit prochaines années. Or, en décembre 2016, la direction a finalement annoncé que seul le contrat de Volvo était attribué à l'usine de Migennes, la commande de Toyota devant revenir à une usine allemande du groupe. C'est cette décision de Benteler qui ne passe pas auprès des syndicats.

On a donné du temps en plus et la direction n'a pas respecté sa contrepartie. C'est inacceptable. On a une nouvelle revendication pour compenser: un treizième mois de salaire.

- Abdel Nassour, délégué syndical chez Force Ouvrière

Abdel Nassour, délégué FO revient sur les raisons du mouvement de grève.

Les syndicats réclament donc de transformer la prime annuelle des ouvriers, de 1400 euros, en treizième mois de salaire. Après un signe encourageant donné par la direction mardi soir, celle ci aurait finalement revu sa position, selon Abdel Nassour, délégué chez Force Ouvrière, syndicat majoritaire, "_sans donner de justification_s", ce qui a enclenché le mouvement de grève.

Piquet de grève 24 heures sur 24

Depuis le début de la grève mercredi matin, les délégués syndicaux et la direction de Benteler se sont déjà rencontrés trois fois, sans parvenir à un accord. La direction, qui jusqu'ici n'a pas souhaité s'exprimer publiquement sur cette affaire, aurait soutenu en réunion que les salariés grévistes étaient minoritaires. "Impossible, répondent plusieurs grévistes campés devant le portail de l'entreprise jeudi midi. On connait bien nos équipes et on voit que la majorité des gens sont là". Selon les syndicalistes, 70 % des équipes ouvrières du matin et de l'après-midi suivent le mouvement de grève et près de 90 % des ouvriers de nuits. Pour faire le piquet de grève devant l'entreprise, les ouvriers se relaient en 3x8, comme pour le travail.

Certes, on ralentit les camions parce qu'on leur distribue des tracts mais on les laisse entrer.

- Anthony George, secrétaire général de la métalurgie chez Force Ouvrière dans l'Yonne

Installés devant le portails, avec de la musique, quelques drapeaux aux couleurs du syndicat Force Ouvrière et un feu de palette "pour faire des barbecues et se réchauffer", les ouvriers grévistes ne bloquent pas totalement l'accès du site. Malgré le recours aux intérimaires, la situation commence à devenir tendue dans l'usine.

Les stocks sont de plus en plus bas et on risque de mettre certains de nos clients à l'arrêt.

- Abdel Nassour, délégué syndical chez Force Ouvrière

En réunion la direction aurait reprocher aux grévistes de mettre leur usine en péril, mais ceux-ci sont décidés à maintenir la pression.

Le mouvement de grève, qui se poursuit, peut vite coûter très cher à l'usine Benteler et à ses principaux clients: Renault et Peugeot. Si ces derniers ne sont plus livrer en pièces détachées, ils devront eux aussi stopper aussi leur production et "les pertes pourront s'élever à 2500 euros par minute", affirme Anthony George, secrétaire général de métallurgie chez Force Ouvrière dans l'Yonne.

Ecoutez le reportage de Damien Robine sur le mouvement de grève chez Benteler.

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