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Économie – Social

Guichen : un garage solidaire pour les petits budgets

samedi 6 janvier 2018 à 5:00 Par Alexandre Frémont, France Bleu Armorique

Depuis quatre ans maintenant, un garage solidaire prospère à Guichen en Ille-et-Vilaine. Il vous propose des réparations, de la vente et de la location à moindre coût. Une entreprise qui n'emploie que des contrats d'insertion. Une seconde chance pour ces employés qui reprennent goût à la vie.

Les mécaniciens du garage sont pour la plupart en contrat d'insertion
Les mécaniciens du garage sont pour la plupart en contrat d'insertion © Radio France - Alexandre Frémont

Guichen, France

Pendant ces périodes de vacances, c'est le rush au garage solidaire de Guichen, en Ille-et-Vilaine. Des dizaines de voitures attendent dans le hangar pour se faire réparer dans un timing très serré. En s'approchant de l'une d'elles, capot grand ouvert, on trouve Kinnie, une vingtaine d'années, qui est en plein resserrage de boulons : "Là je suis en train de remonter le cache du culbuteur, ce que je suis en train de changer au client, parce que je viens de changer les joints d'injecteurs", détaille-t-elle. En clair, elle remonte la connexion entre l'essence du réservoir et le moteur, qu'elle avait dévissée. 

Cette jeune mécanicienne a été embauché il y a trois mois maintenant. Elle n'est pas vraiment mécano sur le papier mais elle a toujours adoré ça. Ici, dans l'entreprise, on a décidé de lui donner sa chance, parce qu'on croyait en elle. "J'écoute beaucoup les conseils du chef d'atelier, qui nous dit quoi faire, il nous supervise en fait. Ici, ça nous permet de bien apprendre parce qu'on a un peu plus de temps que dans d'autres garages pour faire nos réparations", explique Kinnie. 

Même si ce sont des jeunes qui apprennent chaque jour la mécanique, le garage a des obligations de résultats. Kinnie est donc très concentrée sous le capot  - Radio France
Même si ce sont des jeunes qui apprennent chaque jour la mécanique, le garage a des obligations de résultats. Kinnie est donc très concentrée sous le capot © Radio France - Alexandre Frémont

Une seconde famille pour ces employés du garage

Un peu plus loin, Parfait, un Togolais et Gia, un Georgien, sont en changer une boite de vitesse. "Moi je ne connais rien au diesel alors ici j'apprends et je me sens plus à l'aise, s'enthousiasme Parfait. Moi au pays, je suis mécanicien d'origine mais je n'ai pas l'occasion de bosser sur tout type de voiture", dit-il en souriant. 

On voit qu'il a envie toujours d'en apprendre plus. Son compère Gia est aussi mécanicien de métier, mais il n'a pas "les outils adaptés au pays". "Avec toutes les voitures différentes que l'on voit passer au garage, on voit de nouvelles choses et on apprend mieux. On est un peu dans notre famille ici, tout le monde est solidaire. Et puis, si on a un soucis, il y a le chef d'atelier qui nous aide", sourit Gia, en reprenant sa place sous le capot. 

Les 23 employés du garage peuvent compter sur leur chef d'atelier, Redouane, pour leur prodiguer de précieux conseils - Radio France
Les 23 employés du garage peuvent compter sur leur chef d'atelier, Redouane, pour leur prodiguer de précieux conseils © Radio France - Alexandre Frémont
Parfait à gauche et Gia à droite, découvrent de nouvelles choses chaque jour  - Radio France
Parfait à gauche et Gia à droite, découvrent de nouvelles choses chaque jour © Radio France - Alexandre Frémont

Le chef d'atelier, justement, c'est Rédouane. Lui aussi à commencé comme simple mécano, au garage, il y a quatre ans. Aujourd'hui, il dirige et il est très fier de ses gars. "C'est souvent des gens qui se sentent rejeté de la société et qui ont un manque d'expérience, commence le chef d'atelier.  Ils se sentent un peu en retrait mais là dans le garage on essaye de remonter tout ça et on tombe sur de très bons éléments. Il y a beaucoup de points positifs, c'est juste extraordinaire, c'est beau ce que l'on fait", conclut Rédouane, très ému de tout le travail accompli ici. 

Des clients avec des revenus modestes

Ces personnes en contrat d'insertion ne sont pas voués à rester au garage toute leur vie. Ces contrats ne sont valables que six mois, renouvelable trois fois. Finalement pour Joël Le Guiriec, le président du garage solidaire, c'est dur de laisser partir ces bons éléments une fois qu'ils ont été très bien formé. 

Ecoutez Joël Le Guiriec, un peu frustré de laisser ces bons éléments partir mais fier qu'ils aient trouvé une nouvelle voie

Ecoutez ce reportage d'Alexandre Frémont sur place

On peut légitimement se demander s'il y a une concurrence déloyale qui s'installe avec les autres garages aux alentours puisqu'au garage, les réparations et les voitures à vendre sont en moyenne 20 à 30% moins cher que chez un concessionnaire classique. "Non, je ne pense pas, répond Joël Le Guiriec. Nous faisons toujours un tour des garages autour pour leur expliquer que nous n'avons pas les mêmes clients. Nous accueillons des personnes qui sont un peu juste financièrement, aux revenus modestes. Donc on ne peut pas parler de concurrence"

Joël Le Guiriec se défend de toute concurrence déloyale avec les autres concessionnaires

En tout cas le garage fonctionne bien puisque plus de 500 véhicules ont été réparés en 2017, presque autant qu'en 2016. Les dirigeants ont même prévu d'ouvrir un autre garage près de Fougères durant l'année 2018.