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Économie – Social

Guillaume Pepy, patron de la SNCF : "Le service public n'a pas de prix mais il a un coût"

mercredi 11 avril 2018 à 14:39 - Mis à jour le mercredi 11 avril 2018 à 15:11 Par Thibaut Lehut, France Bleu

Combien la grève coûte-t-elle ? Pourquoi le statut de cheminot doit-il disparaître ? En quoi la réforme peut-elle améliorer l'état du réseau ? Guillaume Pepy, PDG de l'entreprise, a répondu aux questions des auditeurs et internautes de France Bleu ce mercredi.

Légende : Guillaume Pepy invité de France Bleu le 11 avril.
Légende : Guillaume Pepy invité de France Bleu le 11 avril. © Radio France -

Guillaume Pepy, patron de la SNCF, était ce mercredi l'invité de France Bleu. Il a répondu pendant trente minutes aux questions des auditeurs et internautes, qui portaient tout autant sur le mouvement de grève que sur le fond de la réforme voulue par le gouvernement.

Le trafic sera-t-il de nouveau très perturbé vendredi et samedi ?

Pour vendredi et samedi (les prochains jours de grève, NDLR), on trouvera dès jeudi soir sur l'application SNCF tous les trains qui circulent. Nos voyageurs doivent prendre leurs précautions, notamment parce que c'est le début des vacances de printemps. L'information donnée aux passagers est globalement efficace, nous nous en félicitons.

Combien la grève coûte-t-elle à la SNCF ?

Nous perdons une vingtaine de millions d'euros par jour de grève, ce qui représente trois autorails neufs. Et il ne faut pas oublier les entreprises qui ont de besoin de la SNCF pour leur activité, et qui elles aussi perdent de l'argent.

Une majorité de Français soutient la réforme. Pensez-vous que ce soutien va durer si la grève dure ?

Ce soutien de l'opinion est très important, car la réforme vise à améliorer le fonctionnement de ce service public, notamment en multipliant les travaux sur le réseau. Elle vise aussi à introduire de la concurrence : chaque région va notamment pouvoir choisir son opérateur de TER, les Français auront le choix.

En réduisant le nombre de trains sur certains axes au quotidien, la SNCF n'est-elle pas en train de tuer des lignes de TER dans les régions ?

Ceux qui décident aujourd'hui de mettre plus ou moins de trains, ce sont les élus, pas la SNCF. En Ile-de-France par exemple, c'est le conseil régional qui prend ces décisions. C'est normal, ces élus sont responsables de l'argent public et font des choix. Lorsqu'une ligne est très peu fréquentée, le train est un mode de transport qui a un rapport coût/efficacité qui n'est pas extraordinaire. Sur certaines de ces lignes, les recettes issues des billets des usagers ne couvrent qu'entre 5 et 10% du coût d'exploitation. 

N'y a-t-il pas contradiction entre cette gestion comptable et la notion de service public ?

Je ne veux pas être démagogique : le service public, ça a un coût et ce coût est supporté par les contribuables. Je défends le train partout où il est efficace, et l'objectif est de le développer. C'est l'un des objectifs de l'ouverture à la concurrence. En faisant en sorte que les régions puissent choisir leur compagnie de train, la réforme va pousser la SNCF à être plus innovante pour proposer de meilleures offres. Et à la clé, des baisses de prix pour les voyageurs.

Pourquoi mettre fin au statut de cheminot ?

Dans une situation de concurrence, vous ne pouvez pas avoir des conditions d'embauche qui divergent en fonction des entreprises, avec d'un côté des salariés au statut de cheminot, et de l'autre des salariés embauchés aux conditions définies par la convention collective et des accords d'entreprise. 

Rappelons que les cheminots qui ont aujourd'hui le statut le garderont, avec notamment la garantie de l'emploi à vie. Pour ceux qui vont rejoindre la SNCF dans les années qui viennent, nous proposons de les embaucher en CDI mais sans le statut. En revanche, je plaide pour que la négociation qui vise à construire une convention collective (qui n'existe pas encore, NDLR) soit terminée avant la fin des embauches aux statuts.

En quoi la réforme va améliorer l'état du réseau ?

Il faut moderniser le réseau existant et ne plus construire de nouvelles lignes TGV, c'est une rupture par rapport à la stratégie adoptée depuis plusieurs décennies. Il est proposé que dix millions d'euros soient investis chaque jour dans la modernisation de ces lignes existantes, y compris dans le centre du pays.