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Économie – Social

Haras du Pin : menaces sur le maintien des trois-quarts des agents

mardi 8 janvier 2019 à 18:35 Par Didier Charpin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Une volonté de l’Etat fait planer une lourde menace sur le prestigieux Haras du Pin (Orne). Le site compte 28 équivalent temps plein dont 21 payés par l'Etat. Mais ce dernier va totalement se désengager à partir de 2022. Grosse colère des partenaires territoriaux.

Le majestueux Haras du Pin
Le majestueux Haras du Pin © Maxppp - Lenz G

Le Haras du Pin, Le Pin-au-Haras, France

Qu’il semble loin l’été 2015, lorsqu’une nouvelle gouvernance laissait envisager un bel avenir au Haras du Pin ! La création d’un établissement public national impliquait alors l’Etat, via le ministère de l’agriculture, et les collectivités territoriales : région Basse-Normandie et département de l’Orne. L’idée directrice était d’investir 50 millions d’euros sur 10 ans pour réhabiliter le « Versailles du cheval » afin de relancer ce haras du XVIIIe siècle classé monument historique. Jusque-là propriétaire à 100 %, l’Etat prenait un peu de retrait tout « en promettant d’apporter une contribution avec la prise en charge des salaires des agents de l’IFCE, l’institut français du cheval et de l’équitation » rappelle Laurent Beauvais, alors président de Basse-Normandie et élu à la tête de cet établissement public national. Mais l’engagement de l’Etat vient de voler en éclat selon un courrier reçu en décembre……

Plus de financement à partir de 2022

Depuis quelques années les effectifs diminuaient lentement au haras du Pin, avec des départs non remplacés. Mais c’est un coup de massue qui vient de tomber avec ce courrier de l'Institut français du cheval et de l'équitation annonçant un désengagement total dans trois ans, avec la fin de la prise en charge des salaires à partir de 2022. Pour Hervé Morin, le président de Normandie, l’Etat ne respecte pas son engagement selon : « C’est scandaleux ! L’Etat nous avait dit ‘je vous donne un coup de main’ et trois ans plus tard il nous dit ‘débrouillez-vous’. C’est inacceptable » ne décolère pas le successeur de Laurent Beauvais. 

Les 21 postes menacés concernent des agents en charge de l'entretien des chevaux, de l'organisation des visites et des concours ou des personnels des services administratifs. Leur présence représente un budget annuel d'un million d'euros. « Ils sont indispensables » précise Séréna Poucet, la directrice du Haras du Pin. « Nous fonctionnons avec 28 équivalents temps plein, jusqu’à 40 en haute saison. Nous avons besoin de garder ces personnes et même d’avoir davantage de personnels pour développer des activités touristiques, notamment du côté de l’hébergement et de la restauration » énumère la directrice, rappelant au passage que le Haras reçoit 40 000 visiteurs par an, sans compter l’énorme fréquentation lors des concours avec la présence des cavaliers et de leurs staffs. 

2014 : Le Haras du Pin parmi les sites des Jeux Equestres mondiaux organisés en Normandie - Maxppp
2014 : Le Haras du Pin parmi les sites des Jeux Equestres mondiaux organisés en Normandie © Maxppp - Jérôme Fouquet

« Un plan social » - Laurent BEAUVAIS, ex Président de Basse Normandie

Faute de garanties sur leur avenir, les agents risquent donc d’être mutés loin des installations ornaises. « C’est une sorte de plan social ! » déplore Laurent Beauvais, qui siège toujours au conseil d’administration dans le groupe des élus régionaux. Et pour lui l’établissement public à la tête du Haras du Pin n’a pas les moyens de prendre à sa charge les 21 salaires pour l’instant assumés par l’Etat. 

Hervé Morin voit dans ce désengagement un symbole supplémentaire de la rupture entre l’Etat et les territoires. « Le gouvernement parle matin, midi et soir de la ruralité, de l’aménagement et de la solidarité avec les territoires, mais il faudrait que ça se traduise par des faits. Et là le seul fait c’est de dire à la région et au département de l’Orne ‘débrouillez-vous avec le Haras du Pin, ce n’est plus mon affaire’. Ce n’est pas acceptable » conclu le président de Normandie, qui espère encore faire infléchir le gouvernement. "Nous sommes à un moment charnière de l'histoire de ce joyau qu'est le Haras du Pin. Il faut prendre les décisions importantes pour le développer" conclu Séréna Poucet, la directrice des lieux.